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Publication des résultats de l'enquête faite par l'OURSE
Présentation des résultats de l’enquête sur « l’apport financier des émigrés et son impact sur les conditions de vie de Libanais»
jeudi 23 octobre 2014 - 10h
Un événement présenté par :

Observatoire universitaire de la réalité socio-économique
En collaboration avec :

Administration

Le professeur Choghig Kasparian a présenté les résultats de l’enquête nationale réalisée dans le cadre de l’Observatoire universitaire de la réalité socio-économique (OURSE) de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth, sur « L’apport financier des émigrés et son impact sur les conditions de vie de Libanais» lors d’une conférence de presse donnée le jeudi 23 Octobre 2014 au Campus des sciences humaines (rue de Damas).

Le directeur des Presses de l’USJ le professeur Sélim Abou s.j. a souligné l’importance de cette recherche et les efforts entrepris par l’université pour une meilleure connaissance de la société libanaise.

Les résultats de l’enquête sont présentés et analysés en un volume, publié par les Presses de l’Université Saint-Joseph.

Madame Kasparian a précisé que la première partie de l’ouvrage contient une analyse des chiffres et les tableaux de résultats agrégés. La méthodologie détaillée de l’enquête est présentée dans l’annexe 1 et les tableaux détaillés bilingues (français-arabe) sont présentés dans l’annexe 2.

Madame Choghig Kasparian a donné un bref aperçu des multiples informations contenues dans cet ouvrage en se basant sur des graphiques, des cartes et des tableaux.

L’objet central de la présente étude est d’une part mettre en relief les particularités des ménages qui reçoivent des transferts de l’étranger et faire ressortir de manière plus explicite l’importance de ces apports de fonds sur l’amélioration de leurs conditions de vie sous tous ses aspects. Elle fournit aussi des informations qui permettent de connaître les facteurs déterminant les envois d’aides financières et de saisir les particularités des émigrés concernés.


Madame Choghig Kasparian, responsable de la recherche, après avoir donné un bref aperçu de la méthodologie adoptée, a présenté les principaux résultats de l’enquête sur les quatre thèmes suivants :

a- Les particularités des ménages et des individus des ménages avec transferts
b- Les émigrés et les facteurs déterminant les transferts
c- L’impact des transferts sur les conditions de vie des ménages
d- L’apport des transferts sur les revenus et les dépenses des ménages
L’étude s’appuie sur une enquête réalisée en 2012 auprès d’un échantillon aléatoire de 2000 ménages, représentatif de tout le territoire. Les ménages sont répartis également entre ceux qui reçoivent des transferts de l’étranger et ceux qui n’en reçoivent pas, dans les différentes régions libanaises. En plus des différentes caractéristiques des ménages, cette enquête comporte des informations individuelles se rapportant aux 7 471 membres des ménages et 3 356 émigrés apparentés à la famille.

a- Les particularités des ménages et des individus des ménages avec transferts

- Ménages de taille plus petite parmi les ménages recevant des transferts d’argent de l’étranger (taille moyenne 3,4 contre 4,2).

-Plus de personnes âgées et moins de jeunes dans les ménages recevant des transferts. Le quart des membres de ces ménages a 60 ans et plus, cette fréquence étant de 14,6% dans les ménages sans transferts.

À l’opposé, les jeunes de moins de 15 ans sont relativement moins nombreux dans les ménages avec transferts (14,2% contre 19,1%).

-Plus de femmes dans les ménages recevant des transferts de l’étranger. (54,2% contre 45,8%).

-Les chefs de ménage femmes sont relativement plus nombreuses parmi les ménages qui reçoivent des transferts de l’étranger : 23,2% des ménages recevant des contributions de l’étranger sont des femmes contre 16,2% pour les ménages sans transferts.

- Les taux d’universitaires parmi les jeunes âgés de 18 à 29 ans en cours d’études, indiquent un écart surtout au niveau des femmes entre les ménages avec ou sans transferts (35% contre 29%). Ces écarts s’estompent pour les garçons, mais restent globalement plus élevés dans les ménages recevant des transferts que dans les ménages sans transferts.

-A l’échelle nationale il ressort que plus du tiers de l’ensemble de la population libanaise (39%) est actif, mais le taux d’activité des hommes reste supérieur à celui des femmes.
Les taux d’activité enregistrent un écart significatif entre les deux types de ménages (48,2% avec transferts contre 54,2% sans transferts). Ecart plus important surtout entre les taux d’activité des femmes.

-Les hommes qui appartiennent aux ménages sans aides de l’étranger ont en moyenne un revenu mensuel plus élevé que celui des travailleurs appartenant aux ménages ayant des aides de l’étranger (respectivement 1 488 000 L.L. et 1 276 000 L.L.), mais au niveau des femmes il n’existe pas de différences entre les deux types de ménages (1 072 000 L.L./mois femme avec transferts et 1 074 000 L.L./ mois femme sans transferts). En revanche on relève des écarts importants entre les revenus moyens des hommes et des femmes dans chacune des deux catégories des ménages.

b- Les émigrés et les facteurs déterminant les transferts

Dans un deuxième temps le Professeur Choghig Kasparian a donné les principaux résultats concernant le profil des émigrés et les facteurs qui jouent un rôle principal dans le fait d’effectuer des transferts ou pas.

L’envoi d’aides a été nuancé selon sa régularité, ainsi les émigrés ont été catégorisés dans un premier temps entre ceux qui envoient régulièrement ou pas et ceux qui n’envoient pas. 55% des émigrés effectuent des transferts, parmi eux environ 25% de manière régulière.

-Les résultats de cette recherche confirment la présence importante des hommes parmi les émigrés libanais, malgré une propension de plus en plus forte des femmes à émigrer. En effet environ les deux tiers (65,9%) des émigrés répertoriés lors de cette étude sont des hommes, et l’autre tiers (34,1%) des femmes.

Les hommes sont relativement plus nombreux à envoyer des remises au Liban (62% contre 42%).

-La grande majorité des enfants des ménages qui résident en dehors du Liban envoie des aides financières à la famille restée au Liban (70,9%), parmi eux 44,2% le font régulièrement et 25% de temps à autre. L’entraide familiale entre frères et sœurs existe aussi.

- L’envoi des aides financières est dépendant du pays de destination ; les émigrés dans les pays du Golfe, qui représentent une grande majorité des émigrés, sont relativement les plus nombreux à envoyer des transferts (66,3%). Ceux qui sont en Afrique, quoiqu’en plus petit nombre, sont aussi très nombreux à envoyer des aides (67%). Par contre les émigrés en Australie envoient le moins (46%).

- L’envoi de transferts est le plus fort pour ceux qui sont partis entre l’âge de 25 et 30 ans (61,5%) et ce sont eux qui sont relativement les plus nombreux à envoyer régulièrement ces aides (28,2%).

-Les émigrés universitaires sont relativement les plus nombreux à effectuer des transferts, les hommes plus que les femmes. (respectivement : 66% et 50,5%).
Ces écarts sont encore plus importants si on considère la régularité de l’envoi ; ainsi 36,4% des émigrés universitaires hommes font des transferts régulièrement contre seulement 17,8% des femmes universitaires.

Le statut occupé dans l’emploi ne joue pas un rôle significatif dans l’envoi des aides à la famille au Liban, les émigrés travaillant à leur compte comme indépen- dant (37,8%) ou patron (3,8%), aussi bien que les salariés (53,6%) envoient avec les mêmes fréquences les transferts financiers.

-Le lieu de résidence du conjoint de l’émigré et celui de ses enfants sont des facteurs déterminant dans l’importance des envois d’aides. 14% des émigrés ont des enfants au Liban, environ les trois quarts de ces émigrés envoient des aides à la famille au Liban.

-L’estimation quantitative des transferts effectués par les émigrés libanais vers leur pays d’origine est particulièrement délicate, une tentative a été faite dans cette étude basée sur les déclarations des ménages. Environ 5 700 dollars américains sont envoyés annuellement au Liban par chaque émigré faisant des transferts à sa famille.

- Des écarts significatifs apparaissent dans les montants envoyés selon le pays d’émigration : les montants moyens envoyés par les émigrés libanais installés en Afrique sont les plus élevés (9 000 $ par émigré annuellement), suivis par ceux émig- rés dans les pays du Golfe (8 100 $ par émigré par an), viennent ensuite ceux qui sont installés en Europe et en Amérique avec des montants nettement inférieurs (environ 4 300 $ par émigré par an).

- Les modalités d’envois sont multiples mais les transferts bancaires représentent un peu plus du tiers des envois. Les transferts par le biais des sociétés spécialisées telle « Western Union » ou autres représentent environ le quart des transferts et un peu plus de 25% de ces aides se font directement de main en main lors des visites de personne à personne.


c- L’impact des transferts sur les conditions de vie des ménages

Dans un troisième temps Mme Kasparian a résumé les principales caractéristiques des logements et l’importance des transferts dans les frais de scolarisation et de l’accès aux soins médicaux.

- L’étude montre que 80% des ménages des 2 types sont propriétaires de leur logement, en général ils disposent des différents éléments de confort et sont bien équipés en appareils ménagers. Les transferts ont contribué à l’achat du logement de 3% des ménages propriétaires.

- Les transferts ont permis de financer surtout les appareils propres aux nouvelles technologies.

- La contribution de l’étranger est un apport très important pour la poursuite des études des jeunes scolarisés, les ménages recevant des transferts de l’étranger comptent intégralement ou partiellement dans 41,4% des cas de scolarisation sur cet apport pour assurer les frais scolaires ou universitaires. Fréquence plus élevée pour le financement des études universitaires.

-La fréquence des jeunes ayant été obligés d’arrêter leurs études est plus élevée dans les ménages sans transferts, et pour les garçons plus que les filles

- Relativement moins d’assurés parmi les membres des ménages recevant des transferts de l’étranger mais plus d’adhésion à des contrats d’assurance privée. Environ 52% des personnes faisant parties des ménages recevant des fonds de l’étran- ger ont une couverture médicale contre environ 60% de celles qui appartiennent aux ménages sans transferts.

-Les dépenses de santé sont ressenties par les ménages avec transferts comme étant la charge la plus lourde.


d- L’apport des transferts sur les revenus et les dépenses des ménages

Enfin dans un quatrième point le Professeur Kasparian a précisé quel est l’impact réel et vécu des transferts dans le budget des ménages et sur leur qualité de vie.

-Les transferts ont pour conséquence en premier lieu l’amélioration du niveau de vie des ménages peu favorisés. En effet la fréquence relative des ménages ayant un revenu inférieur à 1 200 000 L.L. par mois tombe de 21,8% dans les ménages ne recevant pas d’aides de l’étranger à 15,9% pour ceux recevant des transferts.

- le revenu mensuel moyen d’un ménage recevant des transferts de l’étranger est légèrement supérieur à celui d’un ménage sans transferts (respectivement : 2 893 000 L.L. contre 2 766 000 L.L.).
- L’écart est plus important en considérant les revenus par tête, du fait que les ménages avec transferts sont de taille plus réduite. (Revenu moyen mensuel par tête
respectivement pour les ménages recevant des transferts ou pas : 1 035 000LL et
765 000 L.L.).

-Les transferts des émigrés réduisent en second lieu les inégalités dans la distribution des revenus ; la distribution des revenus dans l’ensemble des ménages recevant des aides extérieures devient plus égalitaire grâce à ces aides. Ceci dénote un apport de l’aide extérieure au revenu des ménages peu aisés relativement plus important qu’à celui des ménages plus favorisés.

-Les revenus provenant de l’extérieur constituent 40,2% des revenus des ménages recevant des transferts des émigrés (14 millions sur 34,7 millions de LL). Ils se décomposent en aides financières (37%), pensions de retraite (0,5%), revenus du capital et de l’épargne (0,4%) et de revenus exceptionnels (2,3%).

- Les revenus moyens par travailleur sont moins élevés dans les ménages recevant des transferts de l’extérieur quel que soit le statut de l’activité professionnelle :-6,1% dans les revenus des salariés du secteur public (14 795 contre 15 755 LL/an), -6,9% dans celui des salariés du secteur privés (13 280 contre 14 259 LL/an) et -18% dans les revenus des patrons et des travailleurs indépendants (16 053 contre 19 553LL/an).

- Le total des dépenses estimées des ménages recevant des fonds de l’étranger ne diffère pas de celui ne recevant pas des fonds (respectivement 28,6 millions de LL par an et 28,6 millions).

- La structure des dépenses répartie sur les principales rubriques de consommation révèle des similitudes entre les ménages ayant et n’ayant pas des transferts de l’étranger, avec certaines variantes dans l’ordre d’importance. Ainsi dans les ménages avec ou sans transferts les dépenses d’alimentation représentent la principale source de dépense et s’élèvent respectivement à 28%. Les frais de logement (loyer, électricité, chauffage, eau, entretien et ameublement…) y compris ceux du logement secondaire viennent en deuxième et représentent pour les deux types de ménages respectivement 18,4% et 17,1% de la totalité des dépenses.

- Plus de ménages endettés parmi ceux qui ne reçoivent pas une aide de l’étranger. En effet environ le tiers des ménages sans transferts (31,9%) ont déclaré s’être endettés pour assouvir différents besoins, cette fréquence est de 22,4% pour les ménages recevant des transferts. A noter que certains ménages dans les deux catégories ont plus d’une dette. La charge de la dette moyenne est légèrement plus élevée parmi les ménages sans transferts 566 000LL par mois contre 520 000LL pour les ménages recevant des transferts de l’étranger.
- L’importance des transferts dans l’amélioration des conditions de vie apparait dans leurs diverses destinations : Environ les deux tiers des ménages (61,4%) déclarent utiliser ces aides pour l’alimentation, 58,9% pour assurer les frais de logements, 53,9% pour améliorer leur vie quotidienne.

-Les ménages recevant des transferts sont globalement plus satisfaits de leur niveau de vie que les ménages sans transferts.


Pour conclure, Madame Kasparian a souhaité que ce travail puisse être utile pour une meilleure connaissance du phénomène migratoire et permettre de faire des analyses plus approfondies et des rapprochements entre le vécu, le réel et le souhaité des Libanais.





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