Hala Homsy, au service de psychiatrie de HDF

Vendredi 1 avril 2022
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Alors que l’ergothérapie en santé mentale reste peu rependue au Liban, l’hôpital universitaire Hôtel Dieu de France (HDF) prend la décision d’embaucher pour son service de psychiatrie l’ergothérapeute Hala Homsy, de la promotion 2021. Elle nous explique dans cette entrevue comment elle est passée de stagiaire, à ergothérapeute en santé mentale au service de psychiatrie.

Q1 : Rares sont les ergothérapeutes travaillant en santé mentale. Comment avez-vous développé un intérêt pour ce domaine ?
Sincèrement, ce domaine était loin d’être mon premier choix ; à la base, j’envisageais de travailler en pédiatrie. Quand fus le temps de choisir un sujet pour ma note de recherche lors de la troisième année de formation, j’ai voulu me mettre au défi en optant pour un sujet encore inexploré autant au niveau personnel qu’à l’échelle du contexte libanais. Ainsi, mon choix s’est porté sur la santé mentale.
Arrivé en quatrième année, on m’a annoncé que mon nouveau stage sera à l’HDF au service de psychiatrie. Plus j’explorais ce domaine en pratique, plus ma fascination s’intensifiait. Dès les premiers jours de stage j’ai eu l’impression d’appartenir réellement au domaine de la psychiatrie, l’impression d’avoir trouvé ma place en tant qu’ergothérapeute. Je suis fière de dire que j’ai découvert ma vocation grâce à ce stage à HDF.  

Q2 : En parlant de votre stage à HDF, vous avez été embauché au service de psychiatrie quelques mois après l’obtention de votre diplôme. Qu’est-ce qui, selon vous, a favorisé votre passage de stagiaire à employée au service ? 
Le service accueille chaque année plusieurs stagiaires de plusieurs professions de santé curieux de découvrir le domaine de la psychiatrie. Cependant, comme dans tout contexte de pratique, certains se contentent d’apprécier cette expérience de stage alors que d’autres développent un intérêt et même une passion pour le domaine.  C’est cette dédication pour le travail qui, selon moi, démarque un stagiaire et accroît ses chances d’être remarqué par les employeurs.
En ce qui me concerne, durant les neuf moins passées à HDF, je me rendais au stage avec l’esprit d’un employé dévoué et le sentiment de faire partie intégrante de l’équipe. De plus, j’aime arriver à l’heure et faire preuve de ponctualité, une caractéristique spécifiquement appréciée et estimée dans le service.

Q3 : Pouvez-vous nous développer un peu plus la nature de votre travail à HDF au service de psychiatrie
Le service de psychiatrie accueille des patients présentant généralement des pathologies psychiatriques sévères et chroniques nécessitant une hospitalisation en phase aigüe. Durant leur séjour, les patients pourront bénéficier des soins et du soutien nécessaire pour apaiser l’urgence psychiatrique et favoriser leur intégration une fois sortis de l’hôpital.
Dans ce service, on valorise le travail d’équipe et la pluridisciplinarité. L’équipe est constituée du chef de service, de plusieurs psychiatres, de résidents en médecine, d’un psychologue, d’une assistante sociale et nouvellement d’une ergothérapeute.
Mon rôle en tant qu’ergothérapeute consiste à développer chez le patient les aptitudes à reprendre son quotidien une fois sorti de l’hôpital. La prise en charge se limite à la durée d'hospitalisation, généralement de quelques jours, voire quelques semaines. Il est donc primordial de commencer par une évaluation des besoins et prioriser les objectifs les plus pertinents, réalistes, et atteignables en cette courte durée. La prise en charge prend la forme de séances individuelles et j’adapte mon plan d’intervention en fonction de chaque patient et de la durée de son séjour. Une fois le patient prêt à rentrer chez lui, je clôture par des recommandations pour poursuivre son suivi hors-hôpital.
De plus, le service accueille des patients en externe dans son hôpital de jour (HDJ) pour des ateliers de groupe, réalisés trois fois par semaine et animés chaque fois par un professionnel différent. J’anime personnellement deux ateliers par semaine, dont l’un consiste en des activités physiques adaptées (APA). Ces APA réfèrent à un ensemble d’activités physiques adaptées aux capacités des participants et sont souvent utilisées en cas de troubles chroniques tels que les troubles psychiatriques.

Q4 : Auriez-vous un conseil à donner aux étudiants de l’IET pour assurer dans leurs stages ?
Je vous conseille de prendre vos stages au sérieux, en tant que professionnel faisant partie intégrante de l’institution vous accueillant. Cet état d’esprit vous permet d’aborder vos stages différemment, avec plus de motivation et d’implication. N’ayez pas peur de vous aventurer en dehors de votre zone de confort, de vous mettre au défi dans des contextes peu convoités. Votre stage en quatrième année est votre dernière chance de bénéficier d’une supervision de l’Université, il faut en profiter pour expérimenter de nouvelles approches, apprendre de vos erreurs et forger votre image de professionnel de santé. Trouver sa place dans le monde du travail n’est pas une tâche facile : faites en sorte d’être prêt d’ici l’obtention de votre diplôme.