Réunion des Présidents d’Amicales

Intervention du Pr René CHAMUSSY, s.j., Recteur de l’Université Saint-Joseph
Vendredi 13 novembre 2009
Rectorat


Je suis heureux de vous accueillir et saisis cette occasion de notre première rencontre pour vous féliciter. Si vous êtes ici en tant que Présidents d’amicales, c’est fort heureusement parce que vos camarades ont décidé de vous faire confiance et je ne peux que m’en réjouir.
Cela dit, il m’importe de souligner que vous avez été élus par les uns et que d’autres n’ont pas voté pour vous. Mais, il est évident que vous vous devez maintenant de vous comporter en tant que représentants de tous les étudiants. C’est là le mystère de l’alchimie électorale en toute société qui se veut saine : « Certains ont voté pour moi et je dois les représenter tous » ! Ce n’est pas facile, mais c’est là une dimension essentielle de la représentation démocratique.

Ces préliminaires étant posés, je souhaite évoquer les trois tâches qu’il vous revient maintenant d’affronter.

  1. Il importe de revenir sur les élections du 3 novembre et de réfléchir à leurs tenants et aboutissements. La commission qui a rédigé les statuts qui ont permis aux élections de se faire avait fini dès juillet son travail et avait soumis le texte à toutes les parties intéressées. Certaines ont répondu, d’autres pas. Le Conseil de l’Université a travaillé et a approuvé le document à l’unanimité. Il est cependant tout à fait normal que maintenant des observations soient émises et qu’une réflexion se poursuive en ce domaine. A vous de trouver les modalités qui vous permettront de vous exprimer et de communiquer à ce sujet avec le Vice-recteur aux affaires académiques.
  2. L’Université vit depuis quelques temps dans un système d’interdits de tout ce qui relève du politique… et ce système va loin puisque, l’an dernier, il a même eu un effet sur les manifestations concernant l’élection de Miss USJ ! Tout cela est fort pénible, et pour vous et pour nous tout aussi bien. Mais nous ne pouvons nous permettre d’ouvrir la porte à des engagements qui pourraient provoquer affrontements verbaux ou même physiques sur les campus. Vous savez que l’an dernier, le Conseil de l’Université a doté le Recteur de pouvoirs lui permettant d’agir en force en cas de troubles. Je souhaite ne jamais avoir à me servir de ces pouvoirs. Mais je souhaite aussi que l’on parvienne à sortir du système toujours en vigueur d’interdiction du politique. En fait, nous ne pouvons en sortir que si nous parvenons à nous mettre d’accord tous ensemble sur une « Charte de la vie politique à l’USJ », charte qui pourrait tout à la fois poser les principes d’un vivre-ensemble sans exclusive et par delà toutes nos différences, et déterminer les modalités concrètes d’expression de tous sur nos campus. Nous avons, en ce domaine, à être un modèle pour les autres universités au Liban. C’est donc un travail difficile qui vous attend, un texte à élaborer avec tous les enseignants et amis qui vous entourent et qui devra être ratifié par tous. C’est ce texte qui ouvrira la porte à la sortie du système d’interdits qui nous régit et nous paralyse.
  3. Reste la troisième tâche qu’il vous revient d’assumer. Il s’agit de celle qui concerne la vie quotidienne des campus, la vie des étudiants avec tous leurs problèmes… Vous avez à voir cela avec vos doyens et directeurs, avec vos administrateurs aussi ; nous pourrons aussi en parler dans nos rencontres. J’attire votre attention à ce sujet sur la coordination nécessaire entre vous et les responsables d’activités globales de l’Université. Je pense tout particulièrement au 7ème jour et au sport.
Telles sont les tâches qu’il nous revient d’affronter. Je suis sûr qu’avec de la bonne volonté nous parviendrons à nos fins. Bon courage à tous.


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