Témoignage de Mme Carmel GHAFARI WAKIM

Il faut savoir partir, prendre le temps pour soi, pour sa famille et pour ses amis
Année 2023-2024


Le 1er novembre 1984, suite à la demande du recteur, le père Jean Ducruet et du responsable du bureau de l’information et de l’orientation, le père René Chamussy, je fus engagée comme assistante sociale au service du mieux-être de l’étudiant. Le service social de l’USJ vit le jour et le défi commença.

C'est le début d’un long parcours parsemé de belles choses, de rencontres exceptionnelles, de sacrifices personnels et familiaux aussi. Et là je demande pardon à mes filles Nicole, Joelle et Carole de les avoir quelques fois négligées, mais je dis merci à Georges, mon mari, qui savait être présent quand il me fallait passer une partie de la soirée au bureau, le temps de recevoir tous les étudiants.

J’ai appris les finances et la comptabilité avec Walid Mezher et Ziad Hoyek. J’étais une élève appliquée, me répétaient mes deux chers collègues. Bien plus tard, le MBA m’aida à mieux posséder ces notions ainsi que celles du management d’un service qui se développait. Mais l’apprentissage le plus important est celui reçu des étudiants et de leur famille. Je mettais à leur disposition tout ce que j’avais appris dans la formation excellente reçue à l’École libanaise de formation sociale, et j’apprenais de leur vécu, de leur sagesse, de leurs peines …

Les formations continues suivies à l’École sociale ainsi que le MBA que j’ai décroché à 52 ans m’ont permis de confronter les nouvelles problématiques, de maîtriser les nouvelles approches ainsi que les nouvelles technologies mises au service des étudiants.

Des expériences inédites et exceptionnelles partagées avec l’une et l’autre de mes collègues mais surtout avec les deux « roses » qui m’ont accompagnée : Rose Abou Samra Mrad jusqu’en 1994 et puis Rosie Rami avec qui j’ai eu le plaisir de travailler de très près 20 ans durant et d’oser avec elle des pratiques inédites face à des situations exceptionnelles. J'étais appuyée et encouragée par les 4 recteurs avec qui j’ai eu l’honneur et le privilège de cheminer, vu que le Service social était rattaché directement au recteur.

Avec mes collègues assistantes sociales, nous avons œuvré pour être au service du mieux-être de l’étudiant faisant du service social de l’USJ, en dépit des difficultés rencontrées, un service pilote au Liban, un service innovant pour accompagner les étudiants et les aider à bien réussir dans leur parcours universitaire. L’aide psychologique étant une nécessité pour certains d’entre eux, une section d’aide psychologique est mise en place, avant de devenir par la suite un service d'aide psychologique distinct du Service social. Et puis arrivèrent les animateurs sociaux se frayant une place importante dans la vie des étudiants ainsi que dans la cité. Le Service social servit d’incubateur au Service de la vie étudiante et au Service à la communauté.

Et puis vint le grand defi : proposition du recteur, le père Salim Daccache, en février 2015, d’une nouvelle charge : nouvelle fonction, nouveau poste. Un challenge. "Les filles sont mariées, tu es libre tu sais écouter et convaincre. Vas-y. Fais du fundraising pour le développement de l’Université " me dit-il.

Je quitte le Service social, l’enfant de l’Université que j’ai « élevé » en le confiant naturellement et aisément à une de mes collègues, Shiraz Akl Zoghbi. Il se développe encore mieux depuis !!!!!

5 ans dans ce nouveau challenge et les fondements de la Fondation USJ sont là.

Ma retraite je l’ai toujours préparée dans ma tête. Il faut savoir partir, prendre le temps pour soi, pour sa famille et pour ses amis. Il faut surtout laisser la place aux plus jeunes pour développer et dynamiser, à leur façon encore plus, les structures tenues par leurs aînés. Les personnes changent mais l’institution perdure, évolue et se développe grâce aux acteurs plus jeunes.

Le 30 juillet 2020, une belle page de ma vie est tournée. Fière de ce que j’ai pu réaliser dans ma vie professionnelle, je me réjouis d’avoir le temps de vivre tranquillement d’autres expériences dans la vie et surtout d’être disponible à mes filles et à mes sept petits-enfants.

Merci à l’USJ qui m’a offert l’opportunité de vivre cette belle aventure.

                                                                                                                                        Carmel GHAFARI WAKIM

Un beau conseil
« N’oublie jamais d’où tu viens, souviens-toi de tout ce que tu as accompli et des obstacles que tu as franchis. Reconnais tes origines, célèbre tes réussites et valorise ta résilience face aux défis. Garde en mémoire ton parcours unique pour rester motivé et confiant en ton potentiel. » 



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