Remise des diplômes du double master en droit à l’USJ en partenariat avec l’Université Paris-Panthéon-Assas
Le 18 décembre 2025, l’Université Saint-Joseph de Beyrouth (USJ) et l’Université Paris-Panthéon-Assas ont célébré, à Beyrouth, la remise des diplômes de la première promotion du double diplôme de Master en Droit.
Les étudiants ayant suivi la formation ont simultanément reçu le diplôme libanais et le diplôme français : le Master en droit privé de l’USJ et le Master en droit international privé et du commerce international de l’Université Paris-Panthéon-Assas.
La cérémonie a réuni, aux côtés des étudiants et de leurs parents, les professeurs Stéphane Braconnier, président de l’Université Paris-Panthéon-Assas et Salim Daccache s.j., recteur de l’USJ, Emmanuelle Chevreau, vice-présidente en charge des affaires internationales, Carla Eddé, vice-recteur aux relations internationales et représentante du président de la République pour la francophonie, Marie-Claude Najm et Louis d’Avout, codirecteurs du double diplôme. Etaient également présents les doyens honoraires Fayez Hage-Chahine et Léna Gannagé, l’ancien ministre Abbas Halabi, président de l’Association des anciens de la Faculté de droit, et les anciens ministres Ziad Baroud et Rony Araygi, membres du Conseil d’orientation stratégique de la Faculté.
Ouvrant la cérémonie, le doyen Marie-Claude Najm a exprimé sa reconnaissance au président Braconnier, qui a tenu à venir à Beyrouth remettre en mains propres les diplômes de son université pour marquer solennellement le lancement de cette coopération. Elle a chaleureusement remercié les professeurs Chevreau et d’Avout, dont « la conviction et le dynamisme ont aplani les difficultés » et le doyen Gannagé, « trait d’union entre les deux institutions », pour son accompagnement précieux.
Dispensée à Beyrouth, cette formation conjointe s’inscrit dans la volonté de consolider une coopération historique entre l’USJ et l’Université Paris-Panthéon-Assas et vise à « promouvoir le modèle du droit continental auquel nous restons profondément attachés », souligne le doyen Najm. Elle contribuera, ajoute-t-elle, à maintenir à Beyrouth « un vivier d’étudiants de Master 2, parmi lesquels de futurs doctorants et enseignants-chercheurs », dans un contexte marqué par une forte émigration des jeunes diplômés. La formation offrira également à « ceux qui le souhaitent la possibilité de bénéficier, à Beyrouth, d’une formation USJ/Assas ». Elle rappelle que « cette aventure est porteuse d’une vision stratégique, qui ouvrira la voie, nous l’espérons, à des partenariats encore plus étendus ; elle vient aussi à consolider et renforcer les liens humains, ces liens du cœur, qui ont toujours existé entre les représentants de nos deux maisons ».
Le doyen Najm a ensuite évoqué les défis majeurs ayant marqué le démarrage du programme : « Un "entre-deux-feux" au propre comme au figuré ! Entre le bourdonnement anxiogène des drones et le fracas métallique des missiles, la rue Huvelin n'avait rien du calme feutré de la rue d'Assas ou de la place du Panthéon. Et pourtant, les cerveaux n'y ont jamais cessé de s'activer, et les cœurs de battre… ». Elle a exprimé sa gratitude envers les collègues enseignants et l’administration de la Faculté et, saluant la ténacité des étudiants, leur a adressé le message suivant : « Toute la pédagogie de cette 5e année d’études approfondies consistait à vous faire revisiter le droit positif par vous-mêmes, casser les évidences et être en mesure de soutenir une opinion propre, argumentée, critique, sur l’état du droit ».
Un moment d’émotion a marqué l’hommage rendu à la mémoire du professeur Vincent Heuzé, dont l’implication dans la gestation de ce diplôme et l’accompagnement des étudiants en licence a profondément marqué les esprits.
Le professeur Louis d’Avout, directeur du Master à Paris et codirecteur du double Master, a ensuite pris la parole. Il a rappelé que le Master de droit international privé et du commerce international de Paris 2 a longtemps constitué « un vecteur majeur d’échanges académiques ». Dès 2018, a-t-il indiqué, un afflux croissant de candidatures particulièrement brillantes en provenance de l’USJ a été observé, tendance qui s’est accentuée à partir de 2019, les résultats académiques des étudiants libanais intégrant les formations parisiennes confirmant l’excellence de leur formation initiale à l’USJ. C’est en s’appuyant sur cette expérience, et sur la qualité des équipes pédagogiques dans chacune des deux institutions, qu’a été conçue « l’ouverture d’un démembrement de la promotion parisienne à un nombre sélectionné d’étudiants à Beyrouth pour leur offrir le même cursus : des cours spécialisés, des séminaires d’approfondissement où les étudiants apprennent à accroître leur indépendance, leur esprit critique et leur autonomie, sans lesquels ils n’auront pas de valeur ajoutée pour leur carrière ».
C’est cela, conclut le professeur d’Avout – l’exigence académique, la fidélité à une coopération ancienne et la capacité à produire une formation d’excellence, même à petite échelle – « qui fait que cette coopération nous est précieuse, et source de joie profonde ».
Le diplômé Malek el-Khalil a ensuite prononcé un mot au nom de la promotion. Evoquant la fierté d’être simultanément diplômé de deux institutions prestigieuses, « l’héritière de la Faculté de droit de Paris et l’héritière de l’Ecole de droit à Beyrouth », il a remercié les professeurs Najm et d’Avout, codirecteurs du programme, et les professeurs de Beyrouth et de Paris : « La diversité de vos tempéraments et de vos approches pédagogiques a enrichi notre formation de juristes. En nous poussant à déconstruire ce qui nous semblait évident, vos exigences ont stimulé notre esprit critique, et modifié notre rapport au droit ». Rendant hommage aux sacrifices des parents, qui ont permis d'offrir « la meilleure des éducations », il a conclu par les mots suivants : « Le diplôme que nous recevons aujourd'hui porte une histoire singulière. Puisse-t-il nous rappeler que le savoir, même dans la tourmente, reste un rempart ».
Le professeur Salim Daccache s.j., recteur de l’USJ, a ensuite pris la parole, évoquant le rôle majeur que la Faculté de droit joue au Liban et dans la région et rendant hommage à cette belle coopération avec l’université française, en émettant le souhait qu’elle soit développée et renforcée. Adressant ses félicitations aux diplômés, il leur a enjoint de ne jamais oublier qu’un diplôme n’est pas une fin mais un commencement, et leur a rappelé la nécessité de rester fidèles, dans leur vie professionnelle, aux valeurs transmises à l’université.
Clôturant les allocutions, le professeur Stéphane Braconnier, président de l’Université Paris-Panthéon Assas, a félicité les étudiants en des termes particulièrement élogieux : « Vous avez toute mon admiration, et celle de l’Université Paris-Panthéon-Assas ». Il a ensuite remercié chaleureusement « toutes celles et tous ceux qui ont participé à la mise en place de ce diplôme, à son déploiement et à sa réussite : les deux promoteurs du diplôme, le professeur Louis d’Avout et le doyen Marie-Claude Najm, entourés de leurs équipes, le professeur Emmanuelle Chevreau, vice-présidente en charge des affaires internationales, qui a mobilisé les équipes de l’université, et tous les collègues de Beyrouth et de Paris qui participent aux enseignements ». Et de conclure : « La réussite de ce diplôme est liée aux fondations extrêmement solides qui ont été construites par nos deux universités au fil du temps, comme aux petites pierres que chacun apporte et continue d’apporter à l’édifice collectivement construit. Cet édifice, nous pouvons en être fiers ».
Les deux diplômes ont ensuite été remis aux étudiants par le recteur Daccache et le président Braconnier, entourés des professeurs Chevreau, Najm et d’Avout.
Le recteur Daccache a enfin remis la médaille des 150 ans de l’Université Saint-Joseph au président Stéphane Braconnier, en reconnaissance de son engagement et de sa contribution au renforcement du partenariat entre les deux institutions. A son tour, le président Braconnier a remis au Recteur Daccache la médaille de son université.
La cérémonie a été marquée par un bel intermède lyrique, avec la mezzo-soprano Marie-Joe Abi-Nassif Salam, dont le talent et la sensibilité ont conquis de nombreuses scènes musicales. Avocate à New York, Marie-Joe, ancienne de la faculté de droit de l’USJ, n’a jamais hésité à soutenir son alma mater. Elle a dit son bonheur d’accompagner la première célébration de cette formation commune à « ses deux universités », puisqu’elle est également titulaire d’un master de l’Université Paris-Panthéon-Assas. Accompagnée au piano par Dolcy Lawoun, Marie-Joe a interprété Ombra Mai Fu de Haendel et Connais-tu le pays d’Ambroise Thomas. Un supplément d’âme pour une cérémonie qui a su marier l’exigence académique et la chaleur humaine.
C’est aussi en musique, sur une mélodie interprétée au saxophone par l’un des diplômés, Peter Zgheib, que la cérémonie a été clôturée dans la joie et la bonne humeur, avant de céder la place à des échanges conviviaux avec les diplômés et leurs familles autour d’un vin d’honneur.