Le Club de débat de l’USJ : un tremplin pour la pensée critique

Les deux lauréats de la 11e édition du Concours Inter Facultés de débat de l’USJ affronteront au mois de mars des candidats de différents pays francophones
Jeudi 22 janvier 2026


Véritable laboratoire d’idées, le Club de débat de l’USJ offre aux jeunes universitaires, depuis sa création il y a quinze ans, non seulement la possibilité de réfléchir et d’approfondir les débats intellectuels et les vives polémiques au cœur de l’actualité, mais aussi de développer des compétences transversales essentielles, tant pour leur vie citoyenne que pour leur réussite académique, personnelle et professionnelle.

C’est ainsi que Lila Bajjali, étudiante en 2e année de sciences politiques à l’USJ et actuelle présidente du Club, résume le rôle que joue ce dernier.

En sus des multiples rencontres et des différentes opportunités qu’il offre, « ce qui le distingue des autres structures existantes, c’est surtout le tutorat par pairs, » fait-elle remarquer. « On comprend les besoins des étudiants et on interagit en fonction de ceux-ci. »

C’est donc durant les entraînements que les participants travaillent le fond et la forme, et apprennent dans une atmosphère détendue des techniques telles que la prise de position, l’argumentation structurée, la pensée critique, l’écoute active, l’éloquence et l’art oratoire, la communication non verbale, l’expression des sentiments de manière diplomatique, le respect de l’autre, ainsi que l’ouverture d’esprit et la tolérance.

« En apprenant à structurer leurs idées, à défendre un point de vue et à répondre à des arguments opposés sans crier ni porter atteinte à l’autre, tout en respectant le temps qui leur est alloué– c’est-à-dire cinq minutes–, les candidats gagnent en clarté, en confiance et en rigueur intellectuelle », précisae-t-elle.

« Bien plus, en confrontant des opinions diverses, parfois contradictoires, les étudiants apprennent à respecter les différences de pensée et à analyser les enjeux sous plusieurs angles », ajoute encore la jeune étudiante, qui fait partie de l’équipe représentant l’USJ à la Compétition de médiation de la Cour internationale de commerce.

Cette capacité à dialoguer de manière constructive se révèle aujourd’hui primordiale, plus particulièrement dans un pays tel que le Liban, marqué par la polarisation des opinions et où apprendre à écouter l’autre dans sa différence et à respecter les avis divergents est plus que jamais nécessaire. De ce fait, le débat constitue un outil efficace pour lutter contre les préjugés, la désinformation, l’intolérance et la pensée unique.

Concours Inter Facultés de débat

Organisée dans un contexte post guerre, la 11e édition du Concours Inter Facultés de débat de l’USJ, qui s’est tenue au mois de novembre dernier, a rassemblé une cinquantaine de participants. Durant trois jours, les candidats, répartis entre gouvernement et opposition, ont débattu de sujets sensibles. « Prendre part au Concours Inter Facultés de débat a été une expérience extrêmement enrichissante et très formatrice. Les thématiques nous ont permis de rester en contact avec l’actualité », indique la jeune Inès Haddad, l’une des deux lauréats de cette édition.

« Quand on suit une formation en droit, on est un peu submergés par nos études et les contenus stricts et purement théoriques du droit. Cela a constitué en quelque sorte une ouverture à l’actualité très appréciable », ajoute l’étudiante en troisième année de droit à l’USJ. Et de poursuivre : « Cela nous a aussi permis de rencontrer des personnes qu’on n’aurait pas forcément vues à l’Université, du fait qu’il s’agit d’un débat inter Facultés et inter promotions, et donc de fréquenter, de se connecter et d’interagir avec des jeunes et moins jeunes issus de différents horizons. »

Cependant, l’un des atouts majeurs de participer à ce concours réside, selon cette jeune férue de débat, dans la formation en amont que suivent les candidats.

« Des séances de formation sont dispensées aux participants pour leur apprendre comment parler à l’oral en public, comment se tenir face à un jury exigeant, structurer son discours, penser et réfléchir sous le stress et la pression, comment collaborer et agir au sein d’une équipe, écouter les autres et prendre en compte leurs avis », explique la jeune étudiante. « C’est surtout un exercice qui permet de développer l’esprit critique », a-t-elle encore avancé.

De son côté, Yorgo Gergès, le second lauréat, avoue garder du débat inter Facultés « un souvenir très beau et très fort », d’autant qu’il s’agit du premier concours d’art oratoire que ce jeune étudiant franco-libanais en troisième année de licence en droit public et sciences politiques à l’Institut catholique de Paris remporte dans sa vie.

Un concours qui, selon ses propres termes, lui a permis « d’aiguiser sa spontanéité avec les jeunes débatteurs libanais », tout comme d’expérimenter « comment ça se passe du côté libanais », vu qu’il avait déjà commencé à s’entraîner au débat à modalité parlementaire en France.

Plus rapide, avec des équipes équilibrées, un niveau élevé et homogène, un système de notation individualisé et des thématiques transversales qui touchent de près la jeunesse libanaise comme accorder le droit de vote aux expatriés libanais, la laïcité et le fait de tolérer les signes religieux, autant de points ont retenu l’attention du jeune homme.

Mais au-delà de ces aspects techniques, ce qui importe le plus, c’est que la pratique du débat ouvre la porte à une autre façon de penser. Cela aide les étudiants à décentrer leur regard, avance-t-il.

« Si on ne forme pas les étudiants qui seront les futurs avocats, magistrats, diplomates ou politiciens, on rate vraiment quelque chose », affirme-t-il.

Qualifiés au championnat international de débat francophone, les deux lauréats devraient affronter au mois de mars des candidats en provenance de différents pays francophones.

 



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