Fiche Inscription
Liban
Byblos
Support : sarcophage
Genre : funéraire
Inscription funéraire, en caractères phéniciens, commence sur le couvercle, du sarcophage au
dessus de la face antérieure, et se poursuit sur le bord supérieur de la face latérale droite de la
cuve.
Transcription :
1. ʾRN . ZPʿL [. ]BʿL . BNʾḤRM . MLKGBL . LʾḤRM . ʾBH . KŠTH . BʿLM
2. WʾL . MLK . BMLKM . WSKN . BSNM . WTMʾ . MḤNT . ʿLY . GBL . WYGL .
’RN . ZN . TḤTSP . ḤṬR . MŠPTH . THTPK . KSʾ . MLKH . WNḤT . TBRḤ ‘L . GBL
. WHʾ . YMḤ SPRH . […] ?
Traduction
1. Sarcophage qu'a fait [..]baal, fils d'Aḥirôm, roi de Gubal (Byblos), pour Aḥirôm son
père, lorsqu'il l'a couché dans l'éternité
2. Et si un roi parmi les rois, un gouverneur parmi les gouverneurs ou un chef d'armée
monte contre Byblos et découvre ce sarcophage, que le sceptre de son pouvoir soit
brisé, que le trône de sa royauté soit renversé, que la paix s'enfuie à Byblos et lui, que
son inscription soit effacée […].
L’inscription est répartie de façon un peu aléatoire en deux endroits différents du monument,
ce qui laisse penser que ceux qui ont sculpté le sarcophage n’avaient pas réservé de champ
épigraphique. Cela fait penser à une réutilisation.
Deux endroits de l’inscription ont été abîmés et la lecture est discutée. Le nom du donateur, se
finit en BʿL. On a longtemps lu un taw avant et restitué ʾ]TBʿL, Ittobaʿal ou Itbaʿal, « Baʿal
est avec lui », ou « Avec Baʿal ». L’hypothèse récemment avancée est celle d’un samek et
proposition a été faite de lire, restituer PLSBʿL, un nom qui n’est pas attesté comme tel en
phénicien, mais qui pourrait signifier « Baʿal a regardé ». De même la lecture des dernières
lettres est difficile.
Quoi qu'il en soit, c'est bien une inscription funéraire qui comprend, comme c’est habituel, une
importante partie de malédictions contre les éventuels violeurs de sépulture. Aussi bien l’écriture que la langue portent des traces d’archaïsme. L’inscription n’est pas datée et a lors
de sa découverte a été attribuée au XIIIe siècle avant J.-C. sur la base du contexte archéologique
et du décor. On a depuis reconnu qu’elle est plutôt du début du Ier millénaire, sans doute dans
la première moitié du Xe siècle.
Bibliographie :
R. Dussaud, « Les inscriptions phéniciennes du tombeau d'Aḥiram, roi de Byblos », Syria 5, 1924, p. 135-157.
C .C.Torrey, « The Aḫírām Inscription of Byblos », JAOS 45, 1925, 269-279.
W. F. Albright, « The Phoenician Inscriptions of the Tenth Century », JAOS 67, 1947, 153-160.
KAI 1. TSSI 4. J. Teixidor, « L’inscription d’Aḥiram à nouveau », Syria 64, 1987, 137-140.
R. Wallenfels, « Redating the Byblian Inscriptions », JANES 15, 1983, 79-118 (79-84).
J. Délivré, « Le sarcophage d’Ahirom : un cas de réemploi ? », Catalogue de l’exposition Liban. L’autre rive,
Paris, 1998, p. 75 et H. Sader, « La malédiction d’Ahirom, roi de Byblos », ibid. p. 126. M.J. Lundberg, « Editor’s Notes : The Ahirom inscription », Maarav 11.1, 2004, 81-93. B. Sass, The Alphabet at the Turn of the Millenium. The West Semitic Alphabet ca. 1150-850 BCE, the Antiquity of the Arabian, Greek and Phrygian Alphabets, Tel Aviv. Journal of the Institute of Archaeology of Tel Aviv University Occasional Publications no 4, Tel Aviv 2005. R. G. Lehmann, « Calligraphy and Craftmanship in the Aḥīrōm Inscription: Considerations on Skilled Linear Flat Writing in Early First Millenium Byblos », Maarav 15/2, 2008, p. 119-164. E. Puech, « Note sur l’inscription du sarcophage d’Aḥirom, roi de Byblos, Revue biblique 128/3, 2021, p. 422-429.