Crise identitaire des enseignants : des regards croisés entre le Liban et la France portés par la recherche
Organisé le 11 février 2026 à l’Université Toulouse Jean Jaurès, le symposium international scientifique « Crise identitaire des enseignants : regards croisés » a réuni des chercheurs reconnus des sciences de l’éducation issus de différents espaces académiques, les chercheurs de l’Université Toulouse Jean Jaurès (UT2J) ainsi que les chercheurs de la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth. Cette rencontre s’inscrit dans un partenariat scientifique de longue date entre l’UMR EFTS (Éducation Formation Travail Savoir) et la Fsedu, fondé sur une approche comparatiste France–Liban des mutations contemporaines du métier de l’enseignant.
Assurée conjointement par les responsables scientifiques des deux institutions partenaires, Pr Cécile Gardiès (Université Toulouse-Jean Jaurès, ENSFEA, UMR EFTS) et Pr Patricia Rached, Doyenne de la Fsedu, la séance d’ouverture a souligné l’importance d’une lecture plurielle des crises éducatives et de leurs effets sur les dynamiques identitaires professionnelles. Pr Rached a également animé la conférence donnée par le Pr Jean- François Marcel, Professeur des universités émérite en sciences de l’éducation et de la formation, Université Toulouse- Jean Jaurès, UMR EFTS autour de la thématique : Que sont nos instits devenus ? Un métier en crise(s) : le cas des enseignants du primaire en France.
Les chercheurs ont mis en évidence dans leurs travaux la richesse des analyses développées. Dr Samia Issa a interrogé les tensions identitaires liées à l’enseignement du français auprès de la génération Z. Dr Georges Elias a analysé le rôle de l’empathie émotionnelle dans la reconfiguration de l’identité professionnelle tandis que M. Rock Achi a exploré les formes émergentes d’agentivité collaborative et critique.
Mme Thérèse Akiki, en croisant des récits de vie d'enseignants libanais et des œuvres littéraires et cinématographiques, révèle que les crises agissent comme des catalyseurs de résilience et de transformation professionnelle.
Mme Nathalie Corceiro (MCF) et Pr Dominique Broussal, de l’Université Toulouse Jean Jaurès, ont proposé une lecture originale de l’esprit du métier face aux crises contemporaines. En mobilisant une approche par les œuvres, ils ont analysé les transformations symboliques et culturelles du métier de l’enseignant.
Enfin, Dr Mirna Hage a souligné la capacité des enseignants libanais dans l’éducation non formelle à résister, à donner sens à leur engagement et à se projeter malgré l’urgence et l’incertitude.
Au cours du symposium, les interventions des grands témoins, Pr Dominique Broussal (UT2J) et M. Édouard Jabre (Fsedu) ont mis en perspective les recherches présentées, soulignant les enjeux transversaux et les questions émergentes.
À travers ces échanges, le symposium a affirmé une dynamique scientifique fondée sur la coopération, la reconnaissance mutuelle et la construction collective de savoirs au service de la formation et de l’accompagnement des enseignants. Ce dialogue scientifique international se prolongera par la publication des articles scientifiques autour des travaux présentés, dans le prochain numéro de la revue Dossiers des Sciences de l’Éducation (DES), contribuant à une diffusion académique durable.