Habib Mawad, coordinateur de l’inclusion économique au ministère des Affaires sociales et Ursula el-Hage, directrice du Service de l’insertion professionnelle et du Centre d’entrepreneuriat de l’USJ. Photo Élie Mansour
OLJ / Par Chantal EDDÉ, le 19 février 2026
Placé sous le thème « Dynamiser tous les secteurs, valoriser chaque carrière », l’USJ CONNECT – Career Summit 2026 a réuni, le lundi 16 février à l’Ava Venue à Achrafieh, la communauté académique et les entreprises, dans l’objectif de préparer les étudiants aux mutations constantes du monde du travail et de faciliter leur insertion professionnelle.
Organisé par le Service de l’insertion professionnelle de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth, l’USJ CONNECT-Career Summit 2026 a servi de plateforme de rencontre entre près de 1 500 étudiants et diplômés de cet établissement et environ 350 représentants de 114 entreprises et organisations issues de plusieurs secteurs, dont la gestion, le droit, la technologie, la santé, l’éducation, l’industrie ou l’industrie créative, ainsi que des ONG et des associations d’anciens de l’USJ.
Parallèlement à ce forum, une application nommée Career Fair Plus a mis à la disposition des étudiants plus de 200 opportunités d’emploi et de stage.
Ce qui a distingué cette édition, ce n’est pas seulement le nombre accru de participants, mais aussi son approche interdisciplinaire. Pour la première fois, cet événement a réuni sciences médicales, sciences humaines et sciences sociales, alors qu’auparavant les foires étaient organisées par discipline. « Le besoin des entreprises ne se limite pas à une seule discipline. Par exemple, une entreprise d’ingénierie recrute également des gestionnaires ou des profils issus des sciences humaines », note Ursula el-Hage, directrice du Service de l’insertion professionnelle et du Centre d’entrepreneuriat de l’USJ.
En plus de permettre aux entreprises de recruter dans plusieurs domaines à la fois, l’USJ CONNECT-Career Summit 2026 a constitué une opportunité pour les employeurs de trouver des profils plus polyvalents, d’où l’intérêt du format interdisciplinaire. L’événement a ainsi répondu au besoin des entreprises en matière « de nouvelles formations et de profils différents », combinant, d’une part, intelligence artificielle et nouvelles technologies, et d’autre part, compétences éthiques et humaines. « Le marché libanais, en évolution continue, connaît une accélération de l’usage des technologies dans tous les secteurs. En même temps, les besoins dans les sciences humaines ne cessent d’augmenter », rappelle Ursula el-Hage. « Nous avons besoin de scientifiques dotés de compétences en sciences humaines, mais aussi de spécialistes en sciences humaines disposant de connaissances technologiques », note-t-elle, citant l’exemple d’entrepreneurs issus du domaine des sciences médicales ou d’experts de la santé, employés dans des entreprises technologiques. « Le message est simple : l’avenir appartient à ceux qui marient l’expertise humaine et l’innovation technologique », assure Mme el-Haje.
Des partenariats… au pilotage du futur
Toutefois, cet événement va au-delà d’une simple foire des métiers. En effet, outre le recrutement, son objectif principal est de créer un espace de réseautage (networking) entre la communauté universitaire – étudiants, enseignants et anciens – et les représentants des entreprises. L’USJ CONNECT a ainsi offert diverses opportunités de collaboration et ouvert la voie à des partenariats entre les différentes facultés et les entreprises. Des partenariats qui pourraient se concrétiser à travers la recherche et le transfert de technologie, des projets de fin d’études, des compétitions, des interventions lors des cours ou encore des visites d’entreprises, selon Ursula el-Hage. De la sorte, cet événement permet aux étudiants, « de s’intégrer dans le monde du marché », à travers ces diverses activités, dès leur première année d’études. « Une carrière commence dès la première année. Même si l’étudiant ne cherche pas un emploi, il s’agit pour lui de découvrir le monde professionnel, d’en comprendre le fonctionnement ou encore d’aligner son plan de carrière à la réalité du marché. Ce qui l’aide à réfléchir à ses objectifs futurs, à la lumière des besoins actuels des entreprises », explique la directrice. Elle souligne également qu’il est particulièrement utile pour un jeune étudiant d’écouter les conseils et les recommandations d’un représentant d’entreprise afin d’orienter son plan de carrière. Cela peut passer par le suivi d’un stage ou d’une formation, l’obtention d’une certification ou d’une double diplomation, la prise d’un cours optionnel ou la pratique d’un volontariat en lien avec ses objectifs professionnels. « L’objectif majeur du networking est de connecter les jeunes aux décideurs pour qu’ils puissent planifier leur avenir ensemble. L’idée n’est pas de subir le futur, mais de le piloter. Qu’ils soient des étudiants en sciences humaines, en pharmacie ou en commerce, ce sommet leur donne les clés pour devenir indispensables dans un monde qui change », affirme Ursula el-Hage.
Adapter son plan de carrière aux besoins du marché
Afin de peaufiner leur plan de carrière, les étudiants sont appelés à participer aux deux événements annuels organisés par le Service de l’insertion professionnelle. « L’évolution est tellement rapide qu’on ne peut pas attendre la diplomation de l’étudiant pour découvrir les besoins du marché et tenter de s’y adapter. De plus, ces besoins risquent de varier d’une année à l’autre, d’où la nécessité de maintenir un contact permanent entre la communauté universitaire, les anciens et les entreprises », note la directrice. Elle ajoute qu’il est indispensable aujourd’hui d’ajuster son plan de carrière, individuellement et tout au long de ses études, en fonction de la demande, afin de pouvoir atteindre son objectif professionnel une fois diplômé. En plus de l’adaptation des formations académiques aux évolutions du marché et à la transformation numérique, « chaque étudiant, étant unique et possédant son propre plan de carrière, doit se construire un profil distinctif. Pour que les diplômés soient compétitifs, il ne suffit pas d’avoir les meilleures notes, il faut aussi avoir un parcours qui les démarque », assure Ursula el-Hage.
Par ailleurs, en plus du réseautage et afin de les guider dans leur plan de carrière, l’USJ CONNECT-Career Summit 2026 a offert aux étudiants la possibilité de participer à des tables rondes axées sur les tendances industrielles et l’impact de l’intelligence artificielle sur différents secteurs, tels que les sciences humaines, la mode, le droit, l’agriculture, la santé ou les industries de service. « Les panels ont révélé ce que sera demain pour permettre aux jeunes d’anticiper les changements », affirme Ursula el-Haje, avant de conclure sur la nécessité d’organiser de façon récurrente ce genre d’événements, afin d’accompagner les étudiants dans l’élaboration de leur parcours et d’initier « les prémices de futures collaborations ».