La Garderie Saint-Joseph accompagne les premières années de l’enfant dans un environnement fondé sur l’écoute, la sécurité et l’épanouissement. À travers cet entretien, Mme Mirna Osseiran revient sur la mission éducative de la GSJ, l’évolution de son approche pédagogique ainsi que les défis humains et organisationnels rencontrés en raison de la situation difficile que traverse le Liban.
Située sur le Campus de l’Innovation et du Sport, au cœur de Beyrouth, la Garderie Saint-Joseph bénéficie d’un emplacement stratégique. En quoi ce cadre influence-t-il le quotidien des enfants et des équipes éducatives ?
Dans le quotidien des enfants, le cadre assure tout d’abord et avant tout un environnement sain et sécuritaire où la possibilité de mettre en place des activités adaptées à leurs besoins et développement favorisant ainsi leur bien-être et leur apprentissage.
L’équipe éducative bénéficie au sein de ce cadre d’un soutien dans les formations continues permettant le développement des compétences ainsi qu’un climat renforçant la qualité du travail.
Tout ce cadre améliore la qualité de l’accompagnement des enfants et la dynamique du travail.
Créée en 2000 par l’Institut libanais des éducateurs, la garderie a-t-elle fait évoluer son approche pédagogique au fil des années ? Si oui, comment?
L’idée de créer une garderie en 2000 par l’ILE avait pour vision non seulement d’apporter un terrain de stage pour les étudiantes mais aussi d’assurer un service de qualité dans le domaine de la petite enfance. Aujourd’hui, et après 25 ans, la GSJ est une structure indépendante rattachée au rectorat assurant la même vision pédagogique où la priorité est accordée au développement global, au bien-être et à l’épanouissement de l’enfant.
Cette vision et évolution se traduit dans l’aménagement stimulant et sécurisant, la formation continue des éducatrices et l’intégration de nouvelles pratiques pédagogiques.
Les enfants sont répartis en trois groupes d’âge (Bébés, Trotteurs et Grands). Comment adaptez-vous les activités et l’accompagnement à chaque étape du développement ?
La répartition en groupe d’âges permet déjà de détecter et de cibler les besoins des enfants par rapport à leur niveau d’âges. Les activités sont travaillées et élaborées en fonction des compétences requises tout en respectant notamment le rythme individuel de chaque enfant. Les activités proposées stimulent l’ensemble des dimensions globales du développement de l’enfant. En fin de chaque trimestre, grâce notre système d’évaluation, nous sommes capables d’observer rigoureusement l’évolution de chaque enfant ainsi que les besoins individuels nécessitant un renforcement.
Votre équipe est composée de professionnels de la petite enfance. Quelles sont, selon vous, les compétences clés nécessaires pour assurer un encadrement de qualité ?
Plusieurs compétences sont clés :
Au niveau pédagogique et organisationnel, la compréhension du développent de la petite enfance est le cœur du métier, la planification des activités, l’organisation et la gestion du groupe et du quotidien assurent un cadre structuré et stable.
Au niveau relationnel et émotionnel, les professionnels de la petite enfance doivent être capable de créer un lien sécurisant avec les enfants, de gérer leurs émotions parfois dans des situations stressantes, de faire preuve de beaucoup de patience et surtout d’empathie. Tout cela assure un climat sain, accueillant sécurisant et bienveillant.
La garderie accueille les enfants de la communauté de l’USJ ainsi que ceux de l’Hôtel-Dieu de France. Comment répondez-vous aux attentes variées des familles que vous accompagnez ?
Pour répondre aux attentes des familles en général, il est nécessaire d’adopter une approche flexible, professionnelle et être à l’écoute. La clarté dans la communication du cadre éducatif, du quotidien et du règlement est clé. L’individualisation dans l’accompagnement des besoins de chaque famille et le respect font toute la différence. Tout se repose sur ce partenariat famille-GSJ.
Dans un contexte libanais marqué par des crises et des périodes de guerre successives, quels défis majeurs la garderie a-t-elle rencontrés, et comment avez-vous su assurer la continuité de l’accueil et du bien-être des enfants ?
Le défi majeur et la priorité était d’assurer la sécurité de tous : enfants, parents et équipe.
La stabilité émotionnelle fut un des défis aussi à relever durant cette période difficile.
Afin d’assurer la continuité de l’accueil et du bien-être de tous, les directives mises en place par l’USJ durant le temps de guerre ont été adoptées, le maintien d’une routine et d’une approche pédagogique flexible ont apporté un cadre stable, le soutien de l’équipe et l’échange de parole, la communication régulière et rassurante auprès des familles ont plus ou moins réduit la tension émotionnelle.