Maître Georges Kadige, directeur du Centre d'étude des droits du monde arabe de l’USJ et professeur de l'histoire du droit à la Faculté de droit et des sciences politiques, a présenté et signé son ouvrage : « Le Patriarcat d'Antioche et l'Eglise maronite » le 20 janvier 2015 au Campus de l’innovation et du sport (auditorium François Bassil) ; et ce, en présence d'amis, de juristes, de magistrats et d'officiels, notamment de S.E. M. Rony Araigi, ministre de la Culture, du nonce apostolique Mgr Gabriele Caccia, de S.E. Monseigneur Paul Rouhana, vicaire patriarcal maronite du diocèse de Sarba et de Pr Salim Daccache s.j., Recteur de l'USJ.

Monseigneur Paul Rouhana s’est dit réjoui « que l’auteur ait songé à publier en annexe de son ouvrage deux documents canoniques de grande importance pour le sujet qu’il traite et qui ont surtout profondément marqué l’histoire de la communauté maronite au Moyen-Age et dans les temps modernes. Le premier c’est le Kitab al-Huda (livre de la direction, le second, la traduction arabe de la version latine du Synode du Mont-Liban tenu en 1736 au couvent Notre-Dame de Louaizé » Il s’est aussi dit touché que Pr Khadige lui ait fait l’honneur d’écrire le préface de l’ouvrage en langue arabe et a tenu à souligner : « que cet ouvrage de jeunesse a été pour le professeur Khadige, en raison de la solidité de la recherche dont il a fait preuve, le ferment d’une excellente carrière académique de juriste consommé. ». Il a finalement indiqué qu’en « parcourant l’ouvrage, on est consterné par l’ampleur des divisions de nature doctrinale, personnelle, politique ou sociale qui ont contribué au démembrement du Patriarcat d’Antioche. »

Pr Salim Daccache s.j., a indiqué que l’origine de l’ouvrage « Le Patriarcat d’Antioche et l’Église maronite (des schismes aux Unions) » mérite d’être signalée : « une thèse présentée en 1971 à la Faculté de Droit et des sciences économiques de l’Université de Lyon pour obtenir un diplôme de doctorat en Droit. Maître Kadige a voulu par le choix de ce sujet partager le souci de beaucoup de ses contemporains, qui au vu d’une part l’éparpillement des Églises d’Orient et de leur affaiblissement faisant suite à la désunion continue, est à la recherche d’un nouveau souffle afin de promouvoir « les signes de communion » qui puissent donner l’occasion d’un rapprochement si désiré entre les Églises. Mais en même temps il a vu l’unité et la force de l’Église maronite qui à travers les siècles s’est forgée une présence bien spécifique et pertinente dans le concert des écoles églises locales, non seulement au Proche-Orient mais au niveau mondial. » Puis il a souligné que cet ouvrage est « comme un cri ou un appel qui suppose un profond écho sinon des échos sur la scène ecclésiale moyen-orientale en vue d’une réelle réforme ecclésiale qui devrait repenser les structures mêmes de gouvernance de la communauté » ; et que la problématique développée par l’ouvrage de Kadige « peut être aujourd’hui formulée dans les termes suivants : tenant compte du vent propice à l’Unité, développé par le Concile Vatican II et de la dynamique des études faites par un Congar ou un De Lubac, peut-on penser que le modèle de l’Église maronite, qui a ses propres structures son propre patrimoine et sa propre hiérarchie, peut être généralisé aux autres Églises orientales qui demeurent en rupture avec le Siège de Saint Pierre ? Quel a été l’effet sur l’union à Rome de la constitution d’autres Églises orientales « uniates » durant les siècles passés? Est-ce une trahison ou une préfiguration de l’union à venir ? Pr Daccache a conclu que cet ouvrage « demeure pour le lecteur un ouvrage solide qui peut accompagner le mouvement de rapprochement entre les différents courants ecclésiaux d’Orient, malgré la vétusté de certaines formulations ou de termes dépassés par un renouveau théologique permanent. »

Maître Georges Kadige a présenté son ouvrage en estimant que deux questions se posent avant de vouloir découvrir cet ouvrage : pourquoi le patriarcat d’Antioche et l’Eglise maronite ? pourquoi aujourd’hui ? A la première question, il répond qu’il y a plusieurs raisons. D’abord parce qu’il est un historien du droit et c’est la matière qu’il n’a cessé d’enseigner depuis 50 ans et puis parce que dit-il : « je suis fils de l’Eglise universelle mais aussi de l’Eglise maronite ». A la deuxième question, il répond que l’ouvrage a en fait été rédigé il y a quatre décennies et « depuis 44 ans jamais la situation des Chrétiens d’Orient, n’a été aussi préoccupante. » Et qu’il faut préciser ce « en quoi se distingue l’Eglise maronite, qui demeure le point de mire de tous les Chrétiens d’Orient. » Par ailleurs, Maître Kadige a souligné l’objectif et message de l’ouvrage : « l’introduction est destinée à fournir au lecteur, surtout occidental, une vision de l’Orient que généralement il n’a pas. Elle vise à le mettre en garde des préjugés. Après le message introductif, l’ouvrage s’attèle à présenter dans une première partie le Patriarcat d’Antioche matrice de presque toutes les églises orientales, en commençant par son morcellement en passant par son évolution et tous ses avatars. La deuxième partie plus technique, se subdivise à son tour en deux. Une première sous-partie est consacrée à l’organisation de l’Eglise maronite, une deuxième sous-partie se concentre sur la place du Patriarcat au sein de l’Eglise maronite. »

Lieu
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