Toxicomanie et politique sociale au Liban : mesures et pratiques, limites et perspectives

L’École Libanaise de Formation Sociale a organisé un séminaire de restitution des résultats de la recherche le 4 juin 2015.
jeudi 4 juin 2015
16h30
Campus des sciences humaines

Dans le cadre des célébrations du 140e anniversaire de l’Université Saint-Joseph, l’Ecole Libanaise de Formation Sociale (ELFS) de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth a organisé un séminaire de restitution des résultats de la recherche intitulée « Toxicomanie et politique sociale au Liban : mesures et pratiques, limites et perspectives », et ce, le jeudi 4 juin 2015 au Campus des sciences humaines de l’USJ. Étaient présents au séminaire des représentants des ministères concernés, notamment le Ministère des Affaires sociales et le Ministère de l’intérieur ; le représentant du Directeur général des Forces de sécurité intérieure, la Présidente du Comité national de lutte contre la toxicomanie, des doyens, directeurs et enseignants de l’USJ, des responsables d’organisations locales et internationales, ainsi que des juges et des professionnels des secteurs médical, social et éducatif. Dans son mot d’accueil, Mme Maryse TANNOUS JOMAA, directrice de l’Ecole Libanaise de Formation Sociale (ELFS) a situé cette recherche dans la série de recherches menées précédemment par l’École en collaboration avec la Fédération Internationale des Universités Catholiques (FIUC) autour de la toxicomanie : « Université, usage/abus de drogues ». Elle continue en précisant l’alignement de cette recherche, soutenue par le Conseil de la recherche de l’USJ, avec la mission de recherche scientifique de l’ELFS, à savoir « Analyser les problèmes de société et promouvoir les politiques d’action » en contribution au développement humain et social, finalité pour laquelle œuvre la profession du travail social. Avant de remercier toutes les personnes qui ont collaboré à l’achèvement de ce processus, Mme TANNOUS JOMAA a présenté la publication de cette recherche comme le fruit d’une intelligence collective de répondants multisectoriels et multidisciplinaires. Le Professeur Michel SCHEUER s.j., Vice-recteur et Directeur du centre universitaire d’éthique, et au nom du P. Salim DACCACHE, s.j., Recteur de l’Université Saint-Joseph, a souhaité la bienvenue à l’assistance. Il a enchaîné en montrant comment pareille recherche s’inscrit dans la troisième mission de toute université en général, de l’USJ plus particulièrement : le service de la société et plus précisément des personnes fragilisées, et après avoir salué les efforts des chercheurs, il a souhaité que ce travail se prolonge en dialogue avec les autorités judiciaires et politiques, avec les responsables des municipalités, les ONG et autres parties prenantes. Le professeur SCHEUER a par ailleurs insisté sur la collaboration étroite avec ceux et celles qui exercent des responsabilités en matière de protection de la jeunesse, d’éducation, de santé publique et de traitement de la délinquance, pour un meilleur service de nos concitoyens, et plus particulièrement des plus fragiles et des plus faibles d’entre eux. A leur tour, les deux chercheurs, Docteur May HAZAZ et Docteur Houwayda MATTA ont pris respectivement la parole pour présenter la méthodologie et les résultats de la recherche : Cette recherche qualitative a impliqué deux principaux types de répondants : des intervenants directs dans la problématique de la toxicomanie au Liban ainsi que des personnes toxicomanes et des membres significatifs de leur famille. Elle s’est également basée sur une analyse de la « Loi 673/98 relative aux stupéfiants, aux substances psychotropes et aux précurseurs ». Son but est de proposer les grandes lignes d’une politique sociale globale dans ce domaine suite à l’analyse de la politique sociale actuelle en matière de toxicomanie au Liban et à la lumière des pratiques et de l’expérience des différents acteurs concernés et impliqués. Les résultats obtenus ont permis de dégager des éléments de compréhension de la problématique de la toxicomanie au Liban ainsi que les forces et les lacunes de la politique sociale existante à différents niveaux. Par ailleurs, ils proposent les grandes lignes des paramètres reliés à une politique nationale qualifiée de globale et intégrée qu’il importe d’élaborer et de mettre en œuvre. Un débat autour des résultats a été mené en fin de présentation, permettant à l’audience de se prononcer et d’interagir avec les données exposées. Le débat a tourné autour de six points essentiels : -La question de l’insertion socioprofessionnelle de la personne toxicomane et son lien avec l’inscription de la toxicomanie sur le casier judiciaire. -Le maintien du concept de la sanction vis-à-vis des trafiquants en contrepartie à la promotion d’une approche humaine et thérapeutique à l’égard de la personne victime de son addiction aux drogues. -La légalisation ou non de la culture du haschich, notamment sa considération comme faisant partie de la médecine thérapeutique et le budget substantiel à assurer aux cultures alternatives. -Les débats publics portant sur les stratégies concernant la réduction des risques et les traitements de substitution. -La nécessité d’une accréditation officielle des institutions privées qui offrent des services de traitement et de réhabilitation et ce, à la base de critères de qualité clairs, précis, pertinents et scientifiques. -Les mécanismes d’application de la Loi 673/1998 relative aux stupéfiants, aux substances psychotropes et aux précurseurs, et les difficultés reliées à leur mise en œuvre. L’évènement s’est terminé par un moment de convivialité regroupant chercheurs, répondants, corps académique et invités officiels autour d’un vin d’honneur.