L’Université Saint-Joseph a organisé, le mercredi 22 juillet 2015, au Campus des sciences et technologies à Mar Roukoz, en présence des responsables de l’Université et d’une foule de parents et d’amis, la cérémonie de remise des diplômes pour 320 étudiants du Campus des sciences humaines : des six départements de la Faculté des lettres et des sciences humaines, de l’Institut d’études scéniques, audiovisuelles et cinématographiques, de l’École de traducteurs et d'interprètes de Beyrouth, de l’Institut de lettres orientales, de l’École libanaise de formation sociale, de la Faculté des sciences religieuses, de l’Institut supérieur de sciences religieuses, de la Faculté des sciences de l'éducation et de l’Institut libanais d’éducateurs.
La cérémonie a débuté par l’hymne national libanais. Pr Salim Daccache s.j., Recteur de l’USJ, a ensuite prononcé une allocution de circonstance dans laquelle il a d’abord remercié l’invité d’honneur S.E. M. le ministre de la Culture Rony Arayji « Vous êtes de chez vous, ancien de la Faculté de droit de 1968. Figure humaine exceptionnelle, ministre assumant ses responsabilités comme il faut dans les domaines de la Culture et de la politique, vous êtes à votre place. Vous avez donné une plus-value à cette place. »
Puis il s’est adressé aux étudiants en soulignant : « Moissonner n’est-ce pas votre heure qui sonne chers amis diplômés du Campus des lettres et des sciences humaines ? Regardez vos mains elles sont devenues si larges et pleines, votre cœur de feu animé de passion pour la vie et votre esprit éveillé et critique déterminé à faire de l’impossible un possible et de l’avenir un bouquet de belles actions et réalisations. […] Ce ne sont pas des connaissances que vous avez appris mais un savoir transformateur et critique qui fait de vous des critiques d’art, de journalisme, de spécialistes de dialogue interreligieux, des agents sociaux et des éducateurs mais avant tout des leaders de pensée et de professionnalisme. »
Pr Dacache a enfin rendu hommage à Yara Ahmad Kawtharani, l’étudiante de l’ILE dont l’enterrement était le jour même : « Qu’elle repose en paix auprès de son Dieu. Yara restera pour nous l’exemple de la finesse, de l’application et de la bonté. »
Par ailleurs, M. Rony Arayji, a souligné dans son allocution : « L’exercice qui m’est proposé aujourd’hui est de ceux que je préfère, car j’apprécie particulièrement de m’adresser à un public de jeunes, qui constituent à mes yeux la relève du Liban de demain, et projettent devant moi l’image de ce Liban que j’espère et que j’aime. Le Liban d’une jeunesse ambitieuse et ardente, armée de culture et d’idéaux, portant en elle le germe de toutes les promesses et de tous les possibles. »
Il a ensuite rendu hommage à l’Université St Joseph « qui perpétue depuis 140 ans sa noble mission d’éducation et de transmission de la culture et des savoirs, sans réduire l’enseignement à une simple préparation à la vie professionnelle, mais surtout en ouvrant à chaque étudiant le chemin qui le conduira vers lui-même, en cultivant en lui les facultés de la critique et la liberté de la pensée, notamment à travers les cursus de Sciences Humaines que nous célébrons aujourd’hui. » Et a salué la démarche de l’Université « qui résiste et insiste à sauvegarder ces matières, sans s’arrêter sur leur manque de rentabilité ou de popularité, car en réalité ces matières sont les matières premières de la construction de l’être humain dans ses dimensions transcendantales. »
Puis s’adressant aux étudiants « ayant opté pour ces filières littéraires, linguistiques, sociologiques, scéniques ou religieuses, jugées par beaucoup comme obsolètes, » : « vous avez choisi l’étude de l’Homme, avec tout ce qu’il recèle de mystères et de potentialités ; pour mieux le déchiffrer et le comprendre, pour mieux VOUS comprendre ! Certains d’entre vous ont choisi de découvrir la religion de l’Autre, avec science et objectivité, pour établir un véritable dialogue, loin des idées reçues et des amalgames, pour mieux vivre ensemble et SE comprendre !
Et d’ajouter : « aujourd’hui plus que jamais le MOT porteur de sens et de sentiments doit vaincre la sonorité inarticulée de l’adjectif « barbare ». Le MOT doit être ce pont entre les cultures et constituer la seule voie de communication entre les peuples. Car pour ceux qui ne connaissent pas les mots, il ne reste plus que la voie de la violence. La brutalité et la barbarie : voilà tout ce qu’il reste de l’homme quand il a déserté la Culture. » avant de rendre hommage aux parents « qui placent l’éducation et l’avenir de leurs enfants en tête de leurs préoccupations, souvent au prix de lourds sacrifices. »
Puis l’étudiante Reine El Khoury de la Faculté des sciences de l’éducation (Fsédu), représentant les diplômés du Campus des sciences humaines, a prononcé un mot dans lequel elle s’est dite fière : « Fière de cette reconnaissante pour mon université, fière d’avoir été témoin de ce système d’excellence, fière d’avoir appartenu à la première université Francophone au Moyen-Orient, reconnaissante d’avoir bénéficié d’un parcours souple et flexible, polyvalent en sciences de la vie et de la terre et en éducation, reconnaissante d’avoir croisé et connu à la Faculté des sciences de l’éducation des enseignants universitaires humbles, chaleureux, passionnés, dévoués, appliqués, rigoureux et professionnels. […] fière de cette communauté éducative qui a cherché à développer chez ses étudiants le sentiment d’efficacité personnelle, le sentiment d’appartenance à ses facultés, une belle image de soi, la capacité d’analyse et de synthèse, l’esprit critique, la rigueur scientifique, la créativité mentale, l’esprit d’équipe, la métacognition, la plasticité cérébrale, la capacité de transfert, la capacité de résolution de problèmes, la faculté d’empathie et d’apprendre seul tout au long de sa vie ».
Elle a souligné aussi que l’USJ et plus particulièrement la Faculté des sciences de l’éducation sont de véritables « organisations apprenantes, qui ont compris, qu’actuellement, la profession d’ « enseignant » affronte de multiples défis, dont la multiplication des connaissances, les besoins du monde du travail et la massification de l’enseignement universitaire (Maroy, 2006). »
Et s’adressant à ses camarades : « Chers étudiants soyez fiers du diplôme que vous allez obtenir tout à l’heure, et savourez chaque instant de cette graduation : promo 2015 « carpe diem » !
Ensuite Carmen Fayad de l’Ecole libanaise de formation sociale a lu le serment suivant : Après le serment, les étudiants ont reçu leurs diplômes et c’est avec l’hymne de l’USJ que la cérémonie a été clôturée, et les personnes présentes ont été invitées à un buffet organisé par l’université en l’honneur de ses nouveaux diplômés.