Remise des diplômes aux étudiants du Campus des sciences humaines de l’USJ
L’USJ a organisé, le 22 juillet 2016, la cérémonie de remise des diplômes pour 416 étudiants du Campus des sciences humaines
L’Université Saint-Joseph a organisé, le 22 juillet 2016, au Campus des sciences et technologies à Mar Roukoz la cérémonie de remise des diplômes pour 416 étudiants du Campus des sciences humaines : 151 de la Faculté des lettres et des sciences humaines (lettres françaises, philosophie, histoire, géographie, infocom, gRH, sociologie et psychologie), 59 de la Faculté des langues et de l’École de traducteurs et d'interprètes de Beyrouth, 34 de l’Institut d’études scéniques, audiovisuelles et cinématographiques, 28 de l’Institut de lettres orientales, 24 de l’École libanaise de formation sociale, 18 de la Faculté des sciences religieuses, de l’Institut supérieur de sciences religieuses et de l’Institut d’études islamo-chrétiennes, 63 de la Faculté des sciences de l'éducation et 39 de l’Institut libanais d’éducateurs. Et ce, en présence du Pr Salim Daccache s.j., Recteur de l’USJ, de l’invité d’honneur, du Pr Professeur Charif Majdalani, de Carole Nehmeh, déléguée de la Fédération des associations des anciens, ainsi que d’une foule de parents et d’amis.
La cérémonie a débuté par l’hymne national libanais. Pr Salim Daccache s.j., a ensuite prononcé un mot dans lequel il a exprimé sa joie d’avoir à cette cérémonie, comme invité d’honneur l’écrivain et le romancier, le Professeur Charif Majdalani, « connu pour son leadership intellectuel et culturel, romancier renommé pour l’Histoire de la Grande maison et la Villa des femmes, enseignant de lettres françaises et notre fierté de la francophonie, de l’USJ et du Liban ».
Il a ensuite souligné « qu’acquérir le diplôme de l’USJ est un aboutissement d’années de travail assidu, mais plus que jamais le fruit d’une formation de l’esprit et du cœur, de l’intelligence et de la volonté. l’USJ est et fut un lieu pour vous où l'on apprend à penser, à penser librement, c'est-à-dire à connaître mais aussi à comprendre, à savoir mais aussi à critiquer, à discerner, à juger... c'est-à-dire à s'orienter dans la vie et dans le monde, selon la boussole de la raison, afin de permettre à l'homme d'être lui-même. »
Et d’ajouter : « Chers diplômés, gardez précieux ce désir de continuer à savoir et à apprendre pour la vie, gardez vivante la flamme de votre appartenance à votre Association Amicale des Anciens de votre faculté, de votre institut ou de votre école, rejoignant ainsi cette grande communauté de 100.000 anciens diplômés et étudiants qui ont été marqués par le sceau de l’USJ. Gardez votre attachement à votre Alma mater, l’USJ, notre commune maison, gardez toujours actuelle, là où vous serez, votre passion pour la famille et pour le Liban des libertés et de la convivialité. »
Ensuite Pr Charif Majdalani a pris la parole indiquant : « dans notre monde d’aujourd’hui, la barbarie, l’ignorance et l’obscurantisme redéployent allègrement leurs ailes sinistres de tous côtés. Y répondent le repli et la quête puritaine et pernicieuse de pureté. A ce recul généralisé de l’intelligence, seule une pensée humaniste formulée et définie par des sciences humaines peut faire efficacement barrage, en permettant à l’individu de penser et de comprendre le devenir des sociétés où il vit, de comprendre ses rapports à lui-même, à l’autre et à la transcendance, et de se livrer à une réinterprétation de l’Histoire, loin des réductions identitaires et religieuses. »
Et d’ajouter : « si les sciences humaines permettent de penser et de donner sens au monde, à nos rapports à l’autre, à la société, elles ont aussi et surtout comme vocation de nous apprendre à penser. Il n’est peut-être pas complètement faux de prétendre que la faillite du monde contemporain est due en grande partie à l’incapacité des élites à penser le monde d’aujourd’hui. Pour ne pas nous éloigner de nous-mêmes, pour rester au Liban, il serait utile de s’interroger dans notre pays, sur les raisons profondes de la crise de la citoyenneté, de la crise du politique (qu’il faut opposer à la pauvre pratique de la politique) ; de s’interroger sur la persistance butée des réflexes communautaires, sur l’incapacité à considérer l’homme en dehors du strict cadres des identités familiales, claniques et communautaires ; de s’interroger aussi sur l’obstination a ne pouvoir considérer l’existence individuelle en dehors de la simple recherche carriériste d’un savoir-faire immédiat et purement technique dans un but d’enrichissement individuel. Or il est certain que tout cela ne vient en définitive que d’une grande inculture, d’une incapacité de l’individu, et partant de l’ensemble du corps social, à se penser et à penser la société, incapacité générée par le manque d’outils de réflexion offerts à l’individu et au citoyen. Mais cette grande incurie, ne doit-on pas la mettre en partie sur le compte d’une crise de système éducatif ? quoi de plus effarant que le fait que dans certains établissements scolaires de notre pays, les directions décident sommairement d’abolir toutes formes d’études liées aux filières dites « littéraires » ce qui de ce fait empêche les élèves de fréquenter les sciences humaines et la plus importante d’entre elles, la philosophie, les privant de ce fait des moyens et des outils pour penser, pour réfléchir, pour connaitre le passé afin de mieux affronter le présent et l’avenir et surtout de ne pas se définir face à soi, face au monde, face à la société et face à la transcendance. »
« Apprendre à penser, et à penser librement, afin de vivre libre et heureux et de construire une société et un monde libres et heureux : voici à quoi servent les sciences humaines et les corollaires, sciences de l’éducation, sciences religieuses, études et pratiques artistiques. En ce sens, les sciences humaines sont sans aucun doute le cœur battant, le fondement même de toute université, de toute grande institution destinée à former les hommes et les femmes et à leur donner les instruments pour assumer avec lucidité leur pleine humanité et leur citoyenneté. »
De son côté Carole Nehmeh, déléguée de la Fédération des associations des anciens, a rappelé « Notre fédération ne réussit pas seulement grâce à son engagement professionnel ni à son rayonnement exceptionnel, mais surtout parce qu’elle sait être et devenir de plus en plus une communauté, une famille, des membres d’un même groupe qui savent affronter ensemble des défis et se partager les rôles pour gagner un pari. »
Par ailleurs Amal Baalbacky, de la Faculté des langues, a prononcé des langues a prononcé un mot au nom de toute la promotion : « Vous n’êtes pas sans savoir que la seule langue qui perdure est la langue du cœur et c’est sur cette note émotionnelle, sentimentale, puisque qui dit langue, dit aussi expression, poésie, etc., que j’aimerais dans cette ambiance d’affection exprimer en mon nom et au nom de tous les diplômés de ce soir du Campus des sciences humaines, qui nous a accueillis les bras ouverts, avec ses quatre facultés, ses huit institutions de formation y rattachées, ses belles salles, sa cafète (laboratoire de toutes les langues où vous entendez un peu d’arabe, beaucoup d’anglais et de français), toute ma gratitude. D’une seule voix, nous disons gracias, merci, thank you, grazie, danke, chucran et un seul souhait, essayez de rêver ce soir dans toutes les langues. Au fond, dans quelles langues rêvons-nous ? Nous rêvons nous les jeunes, à ce cher Liban plurilingue, ouvert, capable de réfléchir, doté d’un esprit critique et d’un regard vers l’horizon, vers le ciel, non pour émigrer, mais pour avoir les yeux pleins de bleu d’azur, d’espérance et de liberté. »
Enfin, Sara Tabbara a prononcé un serment au nom des étudiants avant la remise de diplômes sous les ovations de l’assistance. La cérémonie s’est terminée par un vin d’honneur.