Signature de la convention du don des archives du Cénacle libanais et inauguration des

La signature de la convention du don des archives du Cénacle libanais et inauguration des
Vendredi 16 décembre 2016
11h
Amphithéâtre Gulbenkian - Campus François Debbané des sciences sociales


La signature de la convention du don des archives du Cénacle libanais entre la Fondation du Cénacle libanais et les héritiers de Michel Asmar et l’Université Saint-Joseph, et l’inauguration des « Archives du Cénacle libanais, Fonds Michel Asmar par la Bibliothèque du Campus des Sciences sociales, ont eu lieu le 16 décembre 2016 à l'amphithéâtre Gulbenkian du Campus des sciences sociales. À cette occasion, Pr Salim Daccache s.j., Recteur de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth, a souligné : « en accueillant, chez nous et parmi nous, les Archives du Cénacle libanais, nous accueillons une page essentielle de Monsieur Michel Asmar car le fondateur du Cénacle en 1946 ce fut Michel Asmar, la mémoire et de ce fait une partie noble et engagée de la mémoire du Liban. Ce transfert des Archives sous l’œil attentif de Son excellence Monsieur le ministre de la culture Monsieur Raymond Arayaji et sous le regard non moins attentif de Madame Renée Asmar Herbouze, Présidente de la Fondation du Cénacle libanais, me ramène quelque dizaines d’années en arrière. » « Comme nous le savons, le Cénacle libanais fut quelque chose de tout à fait original et un phénomène qui ne se répétera pas dans la vie du Liban moderne durant quelques quatre décennies. Ce fut en premier lieu une tribune pour des conférenciers prestigieux libanais comme Michel Chiha, Kamal Joumblatt, et du reste du monde arabe (comme Adonis et Bourguiba) ou même d’autres pays (comme Arnold Toynbee, Léopold Sedar Senghor, L-J. Lebret). Michel Asmar a pu attirer quatre cent conférenciers pour plus de 600 conférences. Dans ce sens le Cénacle fut en un deuxième lieu un forum de rencontres, d’échanges et de réflexion ainsi qu’une maison d’éditions. L’objectif de Michel Asmar était de refonder ce Liban sur des bases plus solides et fortifier les fondements de son Pacte national comme s’il pressentait la grande crise que le Liban a vécue de 1975 jusqu’en 1990. » a-t-il rappelé. De son côté l’ancien ministre de la Culture, M. Rony Araiji, a indiqué : « Ce qui est en train d’être transmis est d’une nature particulière, car il s’agit de la transmission d’un corpus non seulement savant mais surtout vivant « d’un cerveau qui réfléchit, d’un poumon qui respire », comme le définissait Michel Asmar, où se concentre l’intelligence d’un peuple, l’identité en gestation d’un peuple, le mode d’emploi de la construction d’une Nation libanaise, l’expression d’une conscience libanaise. » Par ailleurs, Mme Leila Rizk , directrice de la Bibliothèque du Campus des sciences sociales a annoncé : « à la demande du Recteur de l’Université Saint-Joseph, le Professeur Salim Daccache s.j., nous sommes parties il y a quelque temps, à la découverte des archives du « Cénacle libanais ». Nous connaissions le Cénacle à travers les recueils de conférences qui existent dans notre bibliothèque, mais la rencontre fut pour nous d’une toute autre dimension. Les boîtes d’archives, l’une à la suite de l’autre, nous éclairaient sur ce que le Cénacle a véritablement représenté et le message qu’il a véhiculé et véhicule encore. » Et d’ajouter : « fondé par Michel Asmar (à l’âge de 32 ans) en 1946, au lendemain de l’indépendance, le Cénacle libanais a poursuivi ses activités durant presque 3 décennies, jusqu’à la veille de la guerre. Il s’est donc étalé, durant la période fastueuse et prospère, qu’on peut légitimement appeler des « trente glorieuses » au Liban.C’est dans ce cadre qu’ont pu librement s’exprimer des personnalités et conférenciers de grande envergure, provenant de l’espace politique, philosophique, théologique et scientifique, et ont ainsi tenté d’établir et d’instruire un dialogue culturel, intellectuel et spirituel entre les différentes communautés libanaises, à travers une démarche collective et dynamique. Ces penseurs ont réussi ainsi à promouvoir une certaine vision du Liban, un modèle libanais, une identité exceptionnelle, pluriculturelle et pluricommunautaire. » « C‘est en cela que le Cénacle libanais est autant un fonds d’archives, qui appartient au patrimoine commun des Libanais, que des témoignages vivants d’une époque et des preuves éloquentes de la constance de l’identité libanaise dans sa complexité périlleuse et délicate et dans son exigence éthique. » a-t-elle conclu. Puis Mme Renée Asmar Herbouze, fille de Michel Asmar et présidente de la Fondation du Cénacle a remercié le Recteur d’avoir organisé la cérémonie car elle permet de « faire affleurer l’émotion et ainsi de l’exorciser par cette célébration collective ». Pour elle se défaire d’un hériatge est chose douloureuse « nous l’éprouvons comme un autre adieu au Père. Le cénacle était pour nous une donnée familiale puisque la maison accueillait les conférenciers. » mais elle poursuit que « se défaire est douloureux mais léguer et transmettre est exaltant » et « léguer, transmettre et confier précisément à l’USJ la conservation et la valorisation de ce fonds est particulièrement réconfortant » Enfin, l’ancien ministre, M. Bahij Tabbara a estimé que ces archives sont transmises à l’USJ, une université qui porte justement le slogan de l’excellence, une université qui a les plus anciennes bibliothèques comme la Bibliothèque Orientale qui contient 250 000 couvertures et 50 000 ouvrages dans des langues différentes ainsi que des bibliothèques dans tous ses campus » Et de conclure que : « Michel Asmar, où qu’il soit maintenant, bénit cette action, s’en réjouit et l’applaudit »


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