La première étude visant à identifier les zones importantes pour les plantes au Liban ayant une richesse botanique exceptionnelle a été publiée dans le "Journal of Nature Conservation" en mars 2018. Cette étude, dirigée par le Pr Magda Bou Dagher Kharrat, chef du Département des sciences de la vie et de la terre à la Faculté des sciences de l'Université Saint-Joseph de Beyrouth et financé par le «Critical Ecosystem Partnership Fund», a débuté en 2013 et a rassemblé 57 582 observations sur les espèces végétales au Liban. C'est la base de données la plus complète disponible à ce jour à l'échelle nationale.

Une carte définissant 31 zones importantes pour les plantes (ZIP) révèle aujourd'hui les zones prioritaires pour la conservation de la biodiversité.  C’est un outil de première importance pour protéger les zones menacées et développer des stratégies rationnelles pour la conservation au Liban mis à disposition des conservateurs, des municipalités, et des autorités impliquées dans la conservation.

Le Liban, considéré comme un point chaud de la biodiversité du bassin méditerranéen, se caractérise par sa riche flore. La richesse floristique du Liban est estimée à 2 612 espèces végétales, dont 108 sont endémiques (uniquement au Liban et nulle part ailleurs dans le monde). Cependant, l'urbanisation anarchique de la période de reconstruction post- guerre (1975-1991) ainsi que l'augmentation sans précédent de 30% de sa population entre 2011 et 2013 ont largement contribué à la perte de biodiversité. "C'est notre responsabilité civique de protéger notre patrimoine naturel unique", a déclaré le professeur Magda Bou Dagher Kharrat, chef de projet de cette étude. Dans un premier temps, l'équipe du Prof. Kharrat a développé une méthodologie personnalisée pour cartographier les ZIP dans la mosaïque des paysages du Liban. Leur approche combinait trois indicateurs: la richesse spécifique; la valeur de conservation des espèces, y compris l'endémisme et la rareté; et, la valeur de la conservation de l'habitat. Le professeur Kharrat a souligné la découverte inattendue et frappante de l'étude: "les 31 ZIP recensées ne couvrent que 3% de la superficie du Liban mais hébergent 79% de sa flore et 80% de ses espèces endémiques".

Les données collectées comprenaient des données historiques et récentes: les données historiques étaient principalement extraites de spécimens d'herbier collectés avant 1980 et rapportés dans la flore du Liban et de la Syrie par Paul Mouterde. L'Herbier du Muséum National d'Histoire Naturelle (MNHN, Paris) a contribué avec plus de 9 000 enregistrements pour la flore libanaise datant de 1828 à 1972. Ces données ont été fournies par "herbonautes", un projet de science participative visant à interpréter l'information manuscrite sur des étiquettes d'herbier à travers un portail Web dédié à cet effet. Dr. Germinal Rouhan, chercheur au MNHN qui a dirigé le projet «herbonaute» a souligné l'importance des données historiques « Cet outil essentiel nous aide à analyser et à comparer la distribution géographique historique et récente de la flore. Les collections des herbiers conservées au MNHN constituent une source de données inestimable".

Certaines des données récentes ont été extraites de la flore illustrée du Liban par Tohmé et Tohmé, ainsi que de la base de données en ligne sur la flore libanaise (http://www.lebanon-flora.org ) qui rassemble les observations de 30 contributeurs bénévoles. Dans le cadre de ce projet, 18925 nouvelles données d’observation des plantes ont été ajoutés grâce aux explorations sur le terrain de Hicham El Zein coordinateur de ce projet. El Zein souligne que l'accès restreint aux zones de mines et aux zones militaires est une contrainte majeure rencontrée lors des investigations sur le terrain qui laisse de nombreux territoires libanais inexplorés.

Seuls 26% des ZIP recensés sont déjà désignés comme zones protégées. Le professeur Kharrat souligne le fait que de nombreuses zones ne profitent d’aucune protection gouvernementale légale et que des mesures de conservation doivent donc être prises urgemment car ces zones naturelles font face à une menace imminente d'urbanisation non réglementée.

Au Liban, une faible priorité est accordée aux ressources naturelles en raison du manque de sensibilisation, de l’urbanisation galopante et de la crise écrasante des réfugiés auxquels le pays est confronté. Savoir précisément où sont les zones où la biodiversité est concentrée est d'une grande importance pour établir des sites prioritaires pour la conservation et l'aménagement du territoire. Les résultats du projet serviront considérablement la mise en œuvre du Plan stratégique national de la biodiversité du Liban visant à atteindre les objectifs de biodiversité d'Aishi d'ici 2030. Le Liban œuvre pour augmenter la superficie des réserves naturelles pour atteindre au moins 5% de la superficie du Liban.

 

Liens:

Lebanon-flora data base: www.lebanon-flora.org

Original published paper: https://doi.org/10.1016/j.jnc.2017.11.004

 

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