C’est en présence d’un parterre de personnalités politiques, diplomatiques, religieuses, économiques et académiques et d’une foule d’amis que l’Université Saint-Joseph de Beyrouth (USJ) a décerné le grade de doctorat honoris causa à trois personnalités libanaises au cours d’une cérémonie le 31 octobre 2018 à l’Amphithéâtre Pierre Y. Aboukhater du Campus des sciences humaines. Il s’agit de : M. Raymond Audi, banquier et mécène, Mme Mouna Haraoui ex-première dame, présidente du Chronic Care Center et de la Fondation Nationale du Patrimoine et M. Raymond Iskandar Najjar, ingénieur civil.

Pr Salim Daccache s.j., recteur de l’USJ, a d’abord prononcé un mot dans lequel il a fait l’éloge de ces trois personnalités.

M. Raymond Wadih Audi est le digne représentant d’une lignée, celle de banquiers qui a forgé son nom dans l’histoire depuis 1830 lorsque Hanna Audi a hérité de son père une agence de conversion de monnaies à Sayda. D’un simple bureau, Raymond, aidé de son frère Georges, a fait de la banque Audi un géant sur la place financière de Beyrouth, un géant qui a réussi non seulement sur le plan libanais mais aussi dans le monde du  Proche-Orient. De ce fait, un de vos amis, cher Raymond, vous a donné le titre « le Lion du secteur bancaire arabe ». Terme symbolique qui signifie la force du  caractère, le courage, l’attention et surtout la loyauté envers son institution et la générosité dans l’action. À vrai dire, l’influence de Raymond Audi s'étend bien au-delà du secteur bancaire où il a fait sa vie. En tant que président de la Fondation Audi, il a dirigé la restauration et la préservation d'une partie du patrimoine du Liban et a travaillé sans relâche pour soutenir les artistes du Moyen-Orient et améliorer l'accès à l'art dans la région.

Mme Mouna Elias Haraoui a séduit le Liban et  ne cesse de le séduire par son dynamisme, sa bienveillance et son esprit de solidarité avec surtout les plus démunis et  les plus abandonnés à cause de la maladie, par son esprit positif et sa détermination, par l’élégance. En 1993, elle a lancé et organisé un téléthon au profit des enfants touchés par le diabète (de type I) et la thalassémie avec la collaboration de jeunes volontaires,. La collecte de cette journée lui a permis de fonder le Chronic Care Center, qui a ouvert ses portes en 1994 et a accueilli jusqu’à  nos jours plus de 20 000 patients venus du Liban, de la Syrie et d’un peu partout du  monde arabe.

Madame Mouna, préside depuis 1996 la Fondation du patrimoine libanais dont la première mission était la restauration du Musée libanais. La Fondation du patrimoine a d'ailleurs créé le musée de la vie rurale, à Terbol (Békaa), en 2004, puis un écomusée à Ras Baalbeck, en 2009. C'est aussi à travers les efforts déployés par la Fondation du patrimoine que Mouna Haraoui a réhabilité le site touristique de Nahr el-Kalb.

M. Raymond Iskandar Najjar : ses œuvres de solidarité et de fraternité dans le domaine de la santé et d’autres sont innombrables et ce n’est pas besoin de les énumérer, retenant pourtant une seule et  belle réalisation, votre bâtiment à l’Hôpital Saint-Joseph à Dora des Sœurs franciscaines de la Croix. Aujourd’hui, ce n’est pas seulement pour te dire merci que nous sommes ici, pour le futur quartier général de la Faculté de médecine et pour d’autres donations que nous vous dédions ce doctorat. C’est simplement un devoir pour nous d’élever un ancien qui a tant aimé son Alma Mater au  rang de celui qui a un profond sens de l’humain et du savoir afin qu’elle le serre mieux contre son cœur et afin qu’il demeure dans son cœur.

Puis le recteur a remis aux lauréats une plaque représentant l’alphabet des phéniciens et un diplôme de l’institution concernée :

Le doyen de la Faculté d’ingénierie M. Fadi Geara a décerné à M. Raymond Najjar un doctorat en génie civil.

Le doyen de la Faculté de sciences économiques M. Joseph Gemayel a décerné à M. Raymond Audi un doctorat en sciences économiques.

Le doyen de la Faculté des lettres et des sciences humaines Mme Christine Babikian Assaf a décerné à Mme Mouna Haraoui un doctorat en sciences humaines.

Les doctorants se sont ensuite exprimés à leur tour.

M. Raymond Iskandar Najjar a dit être très touché par ce titre qui lui a été attribué pour plusieurs raisons : parce qu’il entretient un lien très ancien avec l’Université Saint-Joseph de Beyrouth pour avoir effectué ses études en ingénierie à l’ESIB où il a appris la rigueur et où sa personnalité s’est forgée et parce que ce titre rend hommage à l’action philanthropique qu’il a menée au service de l’humain depuis plus de 25 ans. Il a ensuite cité la parole de l’abbé Pierre : « il faut vivre les uns avec les autres et non les uns contre les autres » ajoutant : « Je me suis efforcé d’alléger les souffrances de nos citoyens en finançant plusieurs institutions dans le domaine socio-médical avec le soutien de ma regrettée épouse Aida. J’ai semé autant que possible pour faire pousser la joie. C’est ma plus grande satisfaction. »

M. Raymond Wadih Audi, dont le mot a été prononcé par son fils Paul, a d’abord insisté sur la relation unique et privilégiée de partenariat et de soutien entre Bank audi et l’Université Saint-Joseph rappelant par exemple l’accent mis sur les bourses accordées à sept étudiants chaque année depuis 2006, et la décision de récompenser par une dizaine de prix l’engagement de responsabilité sociale des entreprises des étudiants de l’USJ et surtout d’avoir facilité l’accès aux prêts universitaires.

Puis il a souligné que son souhait le plus cher est que la collaboration étroite et nécessaire entre l’Université Saint-Joseph et les institutions bancaires du pays, Bank Audi en tête, dure le plus longtemps possible « parce que notre destin est dans les mains de la jeunesse libanaise et que cette jeunesse en particulier n’a pas d’autre étendard que celui de l’effort et de la liberté » avant d’ajouter : «  Aujourd’hui une chose me paraît certaine : les liens entre la sphère éducative et le monde de l’économie sont au Liban assez forts et ils profitent de mieux en mieux à la population pour que nous puissions espérer les voir perdurer ».

Mme Mouna Elias Haraoui a souligné : « En ce début de 3e millénaire, alors qu’on assiste dans le monde et surtout dans la région à une montée effrayante du radicalisme religieux et identitaire, il est grand temps que nos dirigeants prennent conscience des dangers qui menacent la nation. Il nous faut tous ensemble atténuer les tensions et assainir les rapports entre les différents groupes de citoyens, en vue de parvenir à une paix durable qui se conjugue avec la vie. A ce niveau, je tiens ici à souligner le rôle national considérable de l’action éducative humaniste de l’USJ, où se forge l’avenir de nos jeunes, et qui mise sur l’importance de la citoyenneté et du vivre ensemble. »

« Je suis très touchée par vos paroles concernant le chemin inouï que je me suis tracé, et vous en remercie vivement. J’ai lutté, il est vrai, plus d’un demi-siècle pour la protection et la santé de l’enfance dans notre pays, l’amélioration de la condition de la femme et la sauvegarde de notre patrimoine national, historique et humain. Ce faisant, je n’ai fait que mon devoir de citoyenne, croyant en Dieu le tout puissant, convaincue de l’importance des droits de l’Homme », a-t-elle poursuivi avant de conclure : « Il y a cependant un point que vous avez omis et que je tiens à avouer ici, c’est que étant d’éducation anglophone, j’ai beaucoup travaillé sur moi-même pour apprendre la langue de Molière avec laquelle je m’adresse à vous aujourd’hui. C’est donc pour moi une double fierté que de recevoir un Doctorat d’Honneur d’une Université considérée comme un pilier de la francophonie ».

 

 

 

 

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