L’Association internationale pour la formation, la recherche et l’intervention sociale (AIFRIS) a organisé, du 2 au 5 juillet 2019, son 8e congrès intitulé « Sociétés plurielles, Travail social et Vivre ensemble », à l’Ecole libanaise de formation sociale (ELFS) de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth (USJ), en partenariat avec l’Agence universitaire de la francophonie (AUF) et le Conseil national de la recherche scientifique (CNRS).

Au fil des quatre jours du congrès, les conférences et les tables rondes se sont efforcées, comme l’a signalé Houeida Matta Bou Ramia, coordinatrice scientifique du congrès, « de combiner les réflexions conceptuelles et théoriques à des expériences pratiques de différents acteurs et promoteurs du vivre-ensemble ». C'est dans cette optique que réflexions et débats se sont cristallisés autour de la pluralité dans les sociétés contemporaines au sens large et dans les sociétés arabes en particulier, les mouvements migratoires et de refuge, les identités multiples, le dialogue interculturelle et la solidarité humaine.

En complémentarité, les ateliers, groupes thématiques et autres forums ont à leur tour mobilisé autour de 230 communicants venant de plus de 10 pays. Réparties dans une soixantaine d’ateliers, ces communications ont abordé un large spectre de sujets. Ces moments d’échange scientifique ont été agrémentés d’intermèdes musicaux et artistiques. Le congrès a été couronné par l’élection de Mme Maryse Tannous Jomaa comme nouvelle présidente de l’AIFRIS.

Dans son mot prononcé lors de la séance inaugurale, la directrice de l’ELFS, Rima Mawad, a affirmé que « ce n’est pas le hasard qui a amené ce 8e congrès de l’AIFRIS à être accueilli chez nous. Lors de la décision de retenir le Liban comme pays d’accueil, l’ELFS fêtait ses soixante-dix ans d’histoire. Le thème aussi n’est pas un choix innocent : il s’agit en effet d’une résonnance aux valeurs fondatrices et à la raison d’être de notre école. Aujourd’hui, forte de son histoire, bien enracinée dans son contexte national et ouverte à son environnement régional, l’ELFS se voit relever de nouveaux défis. (…) Il nous est désormais demandé d’avoir des travailleurs sociaux pluriels dans le sens de leurs capacités d’être et d’agir dans le présent mais surtout d’anticiper pour un meilleur avenir de l’être humain et de la planète.”

Selon Joelle Libois, présidente de l’AIFRIS, « aujourd’hui à Beyrouth, nous sommes réunis pour s’écouter, débattre, s’enrichir sur l’évolution des modes de vivre ensemble, et de ses enjeux pour le Travail social. Les thématiques des congrès se sont complexifiées, certainement par le fait que notre association a pris de l’ampleur et s’est surtout, au fil de ses congrès, enrichie des apports de la recherche. L’AIFRIS est en recherche, se questionne sur son rapport aux savoirs, avec en arrière fonds, la notion, pour ne pas dire le concept mou de citoyenneté, éclairé par la nécessité de prise de parole, qu’elle soit verbale ou écrite. Entre rapport au savoir et citoyenneté, le troisième pôle du triptyque est certainement les questions sociopolitiques, dans quels mondes nous évoluons et au cœur de la scène, quel travail social pour demain ? »

Pour sa part, le Pr Salim Daccache s.j., recteur de l’USJ, a estimé que « si le Liban continue à œuvrer pour le vivre-ensemble, c’est que les forces centrifuges qui peuvent menacer la convivialité sont multiples : le repli confessionnel et communautariste, l’individualisme caché sous le drap de la communauté, la prévalence de la région par rapport à l’unité du territoire, la prééminence du clan et de la tribu, etc. Ces tendances se sont greffées sur un clientélisme politique de taille. Croyez-moi que cet espace autour de vous et dans les rues adjacentes était un champ de ruines, il y a plus de vingt ans, suite à la guerre entre des Libanais et des étrangers contre les Libanais ; nos facultés et nos édifices étaient détruits, mais notre esprit de survie l’a emporté et nous avons tout reconstruit, non seulement pour se prévaloir de beaux bâtiments, mais pour reprendre le vivre-ensemble et le fonder sur des bases plus solides et plus pérennes. »

« Ainsi, ajoute le recteur de l’USJ, si le Liban continue à proclamer sa foi dans le vivre-ensemble, c’est qu’il est une nécessité sociale et un devoir de citoyens par excellence et le produit d’une volonté de construire la nation et l’État commun. Il y a des nations où la communauté religieuse ou linguistique ou ethnique fonde la nation. Au Liban, plus que jamais, c’est la rencontre de plusieurs volontés qui font la nation. À la veille du centenaire de la fondation de notre pays pour lequel notre université avait travaillé, nous continuons aujourd’hui à militer pour protéger cette formidable idée du vivre-ensemble par la volonté et la liberté. »

Le directeur régional de l’AUF, M. Hervé Sabourin, a estimé de son côté que « les thèmes de ce colloque et leur forte résonance dans l’actualité de notre monde d’aujourd’hui ne peuvent qu’interpeller chacune et chacun d’entre nous et interpellent aussi les institutions que nous représentons. Dans le monde trouble dans lequel nous vivons, ajoute-t-il, où tant de peuples paient le tribut de l’intolérance aveugle, évoquer ces questions et surtout les désigner comme l’enjeu majeur de nos sociétés d’aujourd’hui est plus qu’une nécessité, c’est aussi un devoir. » 

 

 



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