Sciences et technologies au service des patrimoines en Méditerranée orientale

Lundi 7 octobre 2019
Organisateurs


La Faculté des sciences de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth (USJ) et le Groupe interacadémique pour le développement (GID), France, ont organisé, le 7 octobre 2019, au Campus des sciences humaines, rue de Damas, une rencontre internationale « Sciences et technologies au service des patrimoines en Méditerranée orientale », sous le haut patronage du président de la République libanaise, S.E. le Général Michel Aoun.

Cet événement est la première initiative directement inspirée de la déclaration de Paris « Patrimoines, sciences et technologies : une chance pour nos sociétés et l’économie mondiale », paraphée par plus de 500 signataires et adoptée par les Académies membres et partenaires du GID, le CNRS, plusieurs organismes de recherche, institutions culturelles et agences de financement, à l’occasion de la Rencontre mondiale « Patrimoines, sciences et technologies » qui s’est tenue du 13 au 16 février 2019.

La journée s’est articulée autour de trois thématiques principales : patrimoine archéologique, patrimoine naturel, formations et métiers des patrimoines. Ces thématiques débattues autour de tables rondes, ont permis le croisement des regards de quelques-uns des plus éminents chercheurs, experts et responsables du domaine en France, au Liban, en Italie, en Égypte, en Syrie et à Chypre.

Lors de la séance de lancement, le recteur de l’USJ, le Pr Salim Daccache s.j., a lancé un cri d’alarme face à la situation environnementale désastreuse du Liban : « Je n’ai pas besoin de dire que dans mon pays la main de l’homme et ses projets parfois hallucinants de casser des montagnes, n’est pas seulement nuisible et destructeur pour la matière elle-même mais pour l’environnement écologique et humain qui l’entoure. Il suffit de visiter l’une ou l’autre région libanaise comme le Akkar pour nous rendre compte comment tout un périmètre du territoire constitué de cèdres, de genièvres et de pins des cimes parfois centenaires sont menacés de maladie et de disparition du fait des carrières gigantesques qui broient la pierre ancestrale et inondent toute une région d’une poudre mortifère. »

« Le rôle de l’Université, ajoute le recteur, est de répandre cette culture de conservation du patrimoine sur des fondements scientifiques solides et former des agents qui ont pour mission d’étudier les bonnes solutions de sauvegarde et de promotion du patrimoine et de sa signification pour l’humanité.»

M. Francois Guinot, Président du GID, a prononcé une allocution dans laquelle il a affirmé que « le GID s’est donné une mission, celle de mobiliser les savoirs au service du développement, qui exige en effet que soient conjuguées des compétences diverses scientifiques, technologiques, mais aussi des sciences humaines et sociales. » Précisant que « Tous les pays méditerranéens et les pays africains souffrent de leur incapacité à offrir à leur jeunesse des emplois en nombre suffisant, susceptibles de les aider à bâtir des projets de vie digne. »

« Les formations qu’ils reçoivent, enchaine M. François Guinot, même d’un excellent niveau, ne débouchent trop souvent sur rien, si ce n’est sur la frustration, ou la décision de l’exil vers un ailleurs fantasmé, ou vers la violence. Oui, nous voulons mobiliser les savoirs au service d’un développement humain en pensant particulièrement à eux.  Ce symposium a pour ambition de susciter un mouvement en méditerranée orientale et d’en appeler à tous les acteurs concernés pour qu’ils participent à ce mouvement de valorisation du patrimoine, qui devrait être la source d’un tel développement. »

De son côté, l’ambassadeur de France S.E.M. Bruno Foucher, a estimé que « ce colloque est sans conteste un évènement qui fera date, car il va permettre d’envisager un nouveau paradigme de la coopération patrimoniale. La protection du patrimoine constitue un enjeu politique majeur, tant pour le développement de nos sociétés que pour la construction de la paix. Aujourd’hui plus que jamais il est crucial de protéger, d’entretenir et de réhabiliter tous les patrimoines qui connaissent des assauts répétés, de plus en plus violents et dévastateurs. »    

Mme Catherine Bréchignac, secrétaire perpétuel honoraire de l’Académie des sciences de France, a rappelé que « le patrimoine libanais comme tout patrimoine chargé d’histoire est fragile. Les récentes avancées des sciences et technologies bouleversent les méthodes et les pratiques de recherche et de conservation du patrimoine. L’enjeu de cette rencontre est de définir les formations à développer, qui donneront aux jeunes les atouts nécessaires pour aborder les nouveaux métiers relatifs au patrimoine avec l’ambition de valoriser les patrimoines d’hier et de créer ceux de demain dans un objectif de développement harmonieux durable et pacifié. »  

Le Doyen de la Faculté des sciences de l’USJ, Pr Richard Maroun a présenté les objectifs de la rencontre « Intégrer les patrimoines dans les politiques publiques, créer des emplois pour les jeunes en lien avec le développement durable, mettre en place surtout des formations régionales liées au patrimoine culturel et naturel, travailler sur la lutte contre le trafic illicite des œuvres d’art dans la région de la méditerranée et accompagner les efforts fournis pour un développement touristique respectueux des contraintes environnementales. »

« La rencontre comprendra deux points forts, ajoute Maroun ; la lecture de la déclaration de Paris, et les tables rondes avec orientation claire vers les formations académiques. »    

Le ministre de la Justice Albert Sarhan, représentant S.E. le Général Aoun, a prononcé un discours dans lequel il a déclaré: « Notre devoir en tant que responsables va au-delà des besoins actuels des citoyens, leur garantissant des perspectives d'emploi et protégeant leurs droits matériels, moraux et sanitaires. »

« Le devoir nous impose d’abord de préserver le patrimoine et d’éviter les risques de guerre, de pillage, de destruction et de contrebande, car les empreintes digitales de l’histoire et des peuples effacés de la surface du monde ne peuvent être récupérées ou remplacées. Il n'y a qu'une seule voie: adopter des lois mondiales strictes à cet égard et unir les efforts de tous les pays pour atteindre cet objectif grâce à une coopération ouverte et transparente à ce niveau », a-il-ajouté.

A l’issue de la rencontre, les participants au colloque se sont rendus à la Résidence des Pins, à l’invitation de l’ambassadeur de France au Liban pour une rencontre conviviale durant laquelle la médaille de l'Académie des sciences en France a été décernée par Mme Catherine Bréchignac, Secrétaire perpétuel honoraire de l’Académie des sciences, à M. Salim Eddé, fondateur du Musé MIM de Beyrouth.

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