L’inauguration de l’exposition dédiée au P. Lucien Cattin s.j ., intitulée : « P. Lucien Cattin, un humaniste suisse au service du Liban » a eu lieu le 2 mai 2017 à la Crypte de l’église Saint-Joseph de Beyrouth. M. Philippe Bouille (arrière-petit-neveu du Père Lucien Cattin s.j.) et Christian Taoutel (enseignant au département d’histoire de la FLSH) ont préparé cette exposition sur le P. Lucien Cattin, l’un des fondateurs de notre Université et l’un des éminents jésuites suisses.

Cette vie si riche et si engagée, nous la découvrons dans le Journal la Croix de 1929 qui avait publié une longue relation de son correspondant à Beyrouth Damien Ramia et que j’ai trouvée sur le site Gallica de la Bibliothèque Nationale de France » a indiqué Pr Salim Daccache s.j., recteur de l’USJ avant d’en citer quelques extraits :

« Dans la nuit du 26 mai, mourait à Tanail (Liban), le R. P. Lucien Cattin. Ancien supérieur de la Mission des Jésuites au Liban, ancien recteur de l'Université Saint-Joseph, chancelier honoraire de la Faculté française de médecine, le P. Lucien Cattin naquit le 1er mars 1851. Venu au Liban pour la première fois en 1884, il occupa, à l'Université Saint-Joseph, la fonction de préfet des études. Après huit années passées à Alexandrie en qualité de recteur du collège Saint-François-Xavier, il revint à Beyrouth, eu 1890, comme chancelier de la Faculté française de médecine. Il y resta huit ans. Supérieur de la Mission, recteur de l'Université Saint-Joseph, il remplit de sa puissante personnalité, nous dit son distingué successeur, le P. Chanteur, pendant près d'un demi-siècle, le Liban, la Syrie, tout le Proche-Orient. Pour les besoins de sa tâche, on le verra en France, à Lyon, à Paris, dans les salles de rédaction des journaux, dans les ministères. Pendant la grande guerre, d'avril à août 1915 il s'installe à Paris pour émouvoir l'opinion et l'amener à faire revendiquer par la France toute la Syrie ».

« La guerre finie, le Père retourna, en 1918. À Beyrouth, il reprit ses fonctions de recteur de l’université et de chancelier de la Faculté de médecine. Son zèle ne se borna pas à ces œuvres si florissantes. Avec l'aide de la France et de ses deux illustres représentants parmi nous, Gouraud et Weygand, il édifia, en un site admirable de Beyrouth, face à la résidence du haut-commissaire, l’Hôtel-Dieu de France. »

Pr Daccache a par ailleurs rappelé que c’est lui qui a suggéré la construction du plus important lieu de pèlerinage du Liban et qu’il a été le fondateur de l’Amicale des Anciens de médecine, il y a 120 ans exactement, et qu’il avait laissé un discours qui constitue un précieux testament de plusieurs pages sur la mission de l’Ancien étudiant qui se terminait par ce qui suit : « Voilà, mes amis, mes conseils, suivez-les, voilà mes vœux, réalisez-les ; répudiez tout ce qui n’est pas le devoir et soyez dans votre Liban les immortels ouvriers de la vie.»

De son côté, M. François Barras, ambassadeur de Suisse a déclaré : « on célèbre le couronnement de deux ans de partenariat avec l’USJ qui est l’un de nos partenaires fondamentaux. Je dis oui à tout ce qui rapproche le Liban et la Suisse », et le président Chucri Sader, président de la Fédération des associations d’anciens de l’USJ, a estimé que peu de grands hommes nous laissent penser en terme de ce qu’ils ont laissé et non en terme de ce qu’ils ont accumulé. »
Par ailleurs, Pr Roland Tomb, doyen de la Faculté de médecine, a rappelé un évènement qui a eu lieu il y a 95 ans jour pour jour, le 2 mai 1922 lors de la pose de la première pierre de l'Hôtel-Dieu de France et durant lequel le P. Cattin s’était avancé sous les arcades et avait lu le parchemin où s’inscrit le procès-verbal de la pose de la première pierre. « J’ai été ému de découvrir une copie de ce parchemin hier même au cours de mes recherches. »

Il a ensuite souligné que « le meilleur hommage qu’on puisse lui rendre, c’est d’adopter son profil de bâtisseur. Avec l’impulsion du P. Daccache et la donation d’un généreux mécène, nous avons donné le premier coup de pioche à l’édification d’une troisième faculté de médecine. Sans bien sûr toucher aux bâtiments anciens qui témoigneront à jamais de l’œuvre de Cattin, au contraire je me suis démené avec l’amicale des anciens pour y remettre des toitures rouges et faire chanter encore mieux la pierre ocre. L’entreprise a été réalisée à moitié, et j’ai bon espoir qu’on y viendra à bout avant le déménagement dans la nouvelle faculté. »
Pr Tomb a enfin félicité et remercié M. Philippe Bouille, arrière-petit-neveu du P. Cattin, qui lui a rendu visite, il y a plusieurs mois, à la Faculté en lui promettant de lancer cette exposition. Il a aussi remercié M. Christian Taoutel qui a été le maître d’œuvre de tout cela,

M. François Barras, ambassadeur de Suisse, et le conseiller culturel, M. Michel Abou Khalil, pour l’enthousiasme qu’ils ont manifesté dans cet hommage à un grand Helvète.
Enfin M. Philippe Bouille a souligné : « Je me suis toujours promis qu’un jour j’irai au pays où vécu mon arrière-grand-oncle. Puis la réalité des jours chasse les projets qui ont remplacé les rêves, et ainsi passent les années. Mais si la raison oublie les promesses, le cœur en garde le goût comme un souvenir doux-amer.

Il a ensuite rappelé que son premier contact s’est fait par courriel à la Fédération des Anciens de l’USJ en mai 2015 et a été redirigé vers Christian Taoutel, qui venait de publier un ouvrage concernant la Grande Guerre dans lequel il parle du Père Cattin. Qu’en mai 2016, il a effectué ma première visite au Liban visitant avec émotion Notre-Dame-de-Liban à Harissa, Jamhour où reposent les ossements de son aïeul et l’ambassade de Suisse au Liban. Puis en octobre 2016 : seconde visite, voyage dans la Bekaa, c’est la découverte du domaine de Tanaïl et Notre-Dame de la Consolata, dernier refuge terrestre du Père Cattin.

Il a enfin remercié Christian Taoutel pour son travail méthodique, précis, professionnel et pour une part bénévole ainsi que le Père Alex Bassili qui a permis l’accès aux archives, ainsi que l’ambassade de Suisse au Liban et L’Université Saint-Joseph pour leur soutien.

A noter que M.Jacques Bassang, maire de la commune du Noirmont n’a pu se rendre à l’inauguration mais son mot a été lu. Il y a notamment déclaré : « je puis vous assurer de la reconnaissance envers vous tous qui ravivez la mémoire d'un personnage qui n'est autre que le plus illustre des citoyens de notre petite commune du Noirmont. Ainsi par-delà la distance nous séparant permettez-moi de vous exprimer toute la gratitude de notre communauté villageoise. Et pour en pérenniser le souvenir je vous remets en amitié et au nom des autorités communales du Noirmont cette plaque qui sera apposée à la Faculté de médecine, à côté du buste du Père Cattin. »


Lieu
Crypte de l 'Eglise Saint-Joseph des Pères Jésuites, Achrafieh



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